10/06/2026
La vie, c'est maintenant - histoire de la coureuse Mélanie Bourgeois 💚
« À la fin du mois d'octobre, j'ai reçu une nouvelle qui est venue tout bouleverser. Les examens ont révélé que la maladie avait progressé. Quand on vit avec la sclérose en plaques, les résultats ne sont pas toujours ceux que l'on espère. Cette fois, j'ai compris que je ne pouvais plus remettre mes rêves à plus t**d.
Le 85 km de l'UTG100 est alors devenu bien plus qu'une simple épreuve. C'était un rêve que je caressais depuis longtemps, mais qui était soudainement devenu une urgence. Je me suis dit une chose : la vie, c'est maintenant.
La Gaspésie s'est imposée naturellement. J'y étais déjà venue et ses paysages m'avaient profondément marquée. Les montagnes, l'eau, les sentiers... il y a ici quelque chose qui me touche et que je ne suis même pas capable d'expliquer. Si je devais réaliser ce défi, c'était ici.
Le parcours n'a pourtant pas été facile. Les effets secondaires de la nouvelle médication, l'entraînement et les nombreux défis physiques et psychologiques auraient pu me faire abandonner. Mais chaque obstacle est devenu une raison de continuer. J'ai choisi d'embrasser chaque instant, même les plus difficiles.
Je n'ai toutefois jamais été seule.
À mes côtés, trois partenaires de course ont accepté de vivre cette aventure à mon rythme : Dave Allaire, dont la mère est décédée de la sclérose en plaques, Jean-François Poulin et Daniel Goulet. Ils n'ont pas seulement couru leur propre course; ils ont choisi de courir la mienne. Leur présence, leurs encouragements et leur soutien ont fait toute la différence.
Aux ravitaillements, mon amie Myriam Poulin m'attendait. Depuis longtemps, elle est présente dans ma vie. Elle m'a soutenue dans les périodes les plus difficiles de la maladie et, encore une fois, elle était là, fidèle au rendez-vous, pour m'aider à franchir une étape de plus.
Après 19 heures et 48 minutes d'effort, j'ai franchi la ligne d'arrivée.
Bien sûr, je suis fière d'avoir terminé un 85 km. Mais ce dont je suis le plus fière, c'est d'avoir refusé de laisser la maladie décider à ma place. Je veux continuer à vivre, à bouger et à poursuivre mes rêves aussi longtemps que je le pourrai.
Si mon histoire peut donner envie à une seule personne vivant avec la sclérose en plaques de croire encore en ses propres défis, alors cette aventure aura une portée encore plus grande que celle d'une simple course.
Cette arrivée n'est pas une fin. C'est le début d'un nouveau chapitre. »
Et nous, en Gaspésie, nous aurons assurément le plaisir de suivre Mélanie Bourgeois dans ses prochains défis. Nous lui souhaitons de poursuivre cette route avec la même détermination et espérons avoir l'occasion de l'accueillir de nouveau chez nous pour écrire la suite de cette histoire inspirante.