15/10/2026
À QUEL MOMENT EST-IL DEVENU AUSSI COMPLIQUÉ D'ENTREPRENDRE EN FRANCE ET DE VOULOIR FAIRE VIVRE NOS CAMPAGNES ?
Un cri d'incompréhension, mais surtout un appel à ceux qui croient en mon projet. 🙏
Aujourd'hui, j'ai besoin de prendre la parole sur une situation qui me dépasse.
J'ai 32 ans. Je suis entrepreneur depuis mes 21 ans et cela fait maintenant bientôt 4 ans que je travaille sur un projet qui me tient profondément à cœur sur la commune de Pélussin !
Quatre ans à imaginer, investir, construire, développer mon exploitation agricole, chercher des solutions pour essayer de créer quelque chose d'un peu différent dans le Pilat.
Et aujourd'hui, je suis fatigué.
Fatigué de devoir constamment me justifier. Fatigué de rencontrer de nouveaux obstacles à chaque étape. Fatigué d'avoir le sentiment qu'on cherche davantage à limiter mon projet qu'à m'aider à le rendre possible.
Il y a quelque chose que j'aimerais que les gens comprennent sur mon parcours.
Aujourd'hui, je suis pluriactif. Je suis agriculteur, avec un élevage de volailles fermières et des vignes. Mais aussi restaurateur événementiel et, en parallèle, éducateur sportif en milieu outdoor.
Je n'ai pas créé Les Sens Ciel par hasard.
Je suis professionnel, j’ai un bac pro en hôtellerie-restauration, un BTS agricole dans le vin et une carte d'éducateur sportif.
Je voulais construire un projet qui associe ce que je connais, ce que j'aime et ce que j'ai appris à faire : produire, cuisiner, accueillir, faire découvrir et mettre en avant notre territoire.
Mon envie, c'est de proposer un véritable campement culinaire en pleine nature.
Un lieu où les gens viennent partager un repas, découvrir des produits fermiers, profiter d'une cuisson au feu de bois (ou autre si les conditions ne le permettent pas), participer à une randonnée, à un cours de yoga...
Un endroit où l'on peut ralentir, respirer, sortir du quotidien et retrouver le plaisir des choses simples. UN RETOUR À L'ESSENTIEL.
Alors non, mon projet n'est pas 100 % agricole.
Oui, il comporte une activité commerciale. Je ne l'ai jamais caché.
Mais cette activité commerciale, elle sert à quoi ?
À cuisiner et à faire découvrir les poulets fermiers que j'élève sur mon exploitation.
Mais aussi à mettre en avant les vignerons du Pilat, les producteurs de fromages, les éleveurs de porcs et tous ces agriculteurs qui travaillent autour de chez moi.
Parce que mon objectif n'est pas simplement de vendre une assiette de poulet.
Mon objectif, c'est de faire découvrir un territoire, ses produits, ses producteurs et tout le savoir-faire qu'il y a derrière.
Et oui, cette activité doit aussi être économiquement viable !
Il faut payer les investissements, les charges, les crédits et réussir à vivre de son travail.
Aujourd'hui, mon exploitation agricole ne suffit pas, à elle seule, à financer l'ensemble de mon projet et à me faire vivre.
Alors heureusement que j'ai aussi mon activité de restauration et d'événementiel !
Depuis quand faut-il s'excuser d'exercer plusieurs métiers pour réussir à vivre ?
Pour avoir la légitimité de recevoir des gens sur mes terres et leur proposer une expérience culinaire, il faudrait que je fasse quoi exactement ?
Que je sois à la fois éleveur de volailles, vigneron, maraîcher, producteur de fromages, éleveur de porcs, héliciculteur, pisciculteur, apiculteur, fermier-boulanger ?
Il faudrait que je produise absolument tout ce que je mets dans les assiettes et dans les verres ?
Mais à quel moment est-ce qu'on laisse de la place à ceux qui veulent justement faire travailler les autres ? Où est le problème à vouloir faire travailler les autres agriculteurs ?
Je sais qu'il existe des distinctions juridiques entre activité agricole et activité commerciale.
Mais j'ai deux casquettes. Je cherche simplement à les faire travailler ensemble !
Et c'est précisément ce qui fait toute l'identité de mon projet.
J'avais installé un grand tipi de réception dans un espace boisé de mon exploitation zone en limite d'une parcelle identifiée comme agricole.
Aujourd'hui, on me demande de le retirer parce qu'il se trouve dans une zone naturelle protégée.
Alors qu'on m'avait informé quelques mois auparavant que des modifications du PLU étaient possibles et, je cite : « Tout est possible, qu’on trouverai des solutions »
La décision, je l'entends. Je comprends la nécessité de protéger ces espaces.
Mais ce que je ne comprends plus, c'est pourquoi les obstacles continuent lorsque je cherche justement à déplacer cette installation sur mes terres agricoles.
La commune me demande notamment de démontrer ma volonté de faire de l'agriculture mon activité principale et de justifier la nécessité du tipi pour mon exploitation.
Pourtant ils sont venues visiter, mon élevage existe. Mes volailles existent. Mes terres, mes vignes, mes investissements et mes crédits aussi.
Mais derrière le tipi, il y a une question bien plus importante.
Le véritable sujet, ce n'est pas seulement une toile, des poteaux ou un plancher. C'est la possibilité de faire cohabiter agriculture, restauration et accueil du public sur une même exploitation.
Ce qui me met en colère, c'est justement cette difficulté à faire reconnaître la complémentarité de mes activités.
Une activité commerciale qui permet de valoriser une activité agricole et de faire travailler d'autres agriculteurs.
ET POURTANT, CES INITIATIVES EXISTENT DÉJÀ AILLEURS !
Je vois des exploitations accueillir des food-trucks.
Je vois des agriculteurs accueillir des réceptions, des mariages, des traiteurs sur leur terres.
Je vois de grands événements rassemblants plusieurs milliers de personnes organisés sur des terrains agricoles.
Je trouve ces initiatives formidables et je ne souhaite absolument pas les dénoncer, bien au contraire ! Je m'appuie simplement sur des exemples concrets pour montrer la légitimité de mon projet.
J'ai moi-même, pendant deux saisons, organisé des repas et des dégustations au milieu des vignes, chez des vignerons, avec mon Citroën HY, le W**e Truck !
À cette époque, mon activité était exclusivement commerciale, sans aucune activité agricole, et je n'ai jamais rencontré de difficultés particulières.
Aujourd'hui, j'ai développé ma propre exploitation agricole, avec mes vignes et mon élevage de volailles, tout en conservant cette activité commerciale. Et pourtant, les obstacles s'accumulent !
Je me pose sincèrement la question :
Pourquoi semble-t-il si difficile de trouver une solution pérenne pour mon projet, qui cherche lui aussi à faire vivre nos campagnes et leurs producteurs ?
J'ai obtenu une licence IV et une licence restaurant pour des emplacements situés sur mes terres agricoles.
Et pourtant, l'installation d'un ERP, même provisoire, à ces endroits semble inappropriée !
Je sais qu'une licence et une autorisation d'urbanisme sont deux choses différentes.
Mais vous comprenez pourquoi j'ai parfois l'impression de marcher sur la tête ? C'est oui d'un côté et non de l'autre !
Mais le pire dans tout ça !! C'est cette impression permanente d'être observé, contrôlé, de devoir faire attention à tout.
Les caravanes mobiles que je déplace de parcelle en parcelle, dans lesquelles j'élève mes volailles, deviennent des sujets de justification.
Un simple chapiteau 8x4m qui m’a depanné dans mes débuts doit subir, d’après les demandes , une autorisation d'urbanisme
J'ai également aménagé des bacs de culture sur une de mes parcelles agricoles. Le réseau d'eau passe juste devant, et pourtant, on m'a refusé l'ouverture d'un compteur d'eau pour pouvoir irriguer mes cultures !
Sans parler de mon mobil-home installé pour pouvoir vivre avec ma femme et ma fille, en espérant un jour avoir un vrai toit à lui offrir une fois que son père aura débroussaillé les chemins sinueux qu'il emprunte pour entreprendre !
Dans les échanges administratifs, on en vient même à évoquer les dénonciations du voisinage et les recours possibles de tiers.
Mais dans quelle ambiance est-on censé entreprendre aujourd'hui ?
LA MENTALITÉ FRANÇAISE, LA JALOUSIE 👏👏
On parle sans cesse de soutenir les jeunes entrepreneurs, de faire vivre les territoires ruraux, d'encourager l'agriculture, de favoriser les circuits courts et de recréer du lien social.
Je pensais être dans le vrai, il semblerait que non !
Aujourd'hui, je prends donc une décision qui me fait profondément mal.
Je mets en pause l'ensemble de mon projet d'accueil du public sur mes terres à Pélussin.
Pas seulement sous mon tipi.
L'ensemble de mon projet d'accueil à la ferme.
Cela signifie également mettre de côté les randonnées nocturnes suivies d'un repas, les soirées à la ferme et les expériences culinaires que j'avais imaginées sur place.
Parce que même sans tipi, les questions liées à l'accueil du public et à la place de mon activité dite commerciale resteraient présentes.
Et je ne veux plus avancer avec cette inquiétude permanente qu'une nouvelle difficulté puisse remettre en cause chaque événement.
C'est pourtant pour créer ces moments-là que j'ai développé ce lieu.
Je vais désormais concentrer mon énergie sur le développement de mon campement culinaire itinérant.
Chez les vignerons, dans les domaines, sur des sites événementiels, lors de festivals, de rassemblements ou d'événements privés.
Je continuerai à cuisiner mes volailles, à mettre en avant les producteurs locaux et à créer ces ambiances qui me ressemblent.
MAIS MON REVE D’AVOIR UN LIEU D’ACCUEIL, MÊME TEMPORAIRE OU SAISONNIER, RESTE ENTIER.
Aujourd'hui, je lance aussi une bouteille à la mer, une sorte d'appel aux maires, aux élus, aux communes et aux propriétaires de lieux qui pourraient accueillir ce projet.
Si une commune croit en ce type d'initiative, si elle est réellement prête à faire bouger les choses, si elle dispose d'un terrain ou connaît un lieu adapté, si elle a envie de faire vivre son territoire et ses producteurs, je serais sincèrement heureux de venir me présenter !
Je dispose de tout le matériel et d'une licence IV dont un éventuel transfert pourrait être étudié.
Alors si vous connaissez un endroit qui pourrait m'accueillir, n'hésitez pas à me contacter ou à partager cette publication.
Je refuse de croire que la seule solution soit d'abandonner.
Alors je sors de ma zone de confort, je fais ce que je n'ai jamais fait : je publie ce post comme un cri d'incompréhension et comme un message d'espoir.
Après ça, j'aurai tout tenté, mais sans regret !
Merci pour votre lecture 🙏
Cédric 🌱