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𝟭𝟱 𝗷𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲« La politique, c’est comme une partie de UNO : si tu ne prends pas le temps d’en comprendre les règles, ...
15/07/2026

𝟭𝟱 𝗷𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲

« La politique, c’est comme une partie de UNO : si tu ne prends pas le temps d’en comprendre les règles, tu finiras par jouer selon celles des autres… puis tu te demanderas pourquoi tu perds. »

À Analakely, Rakoto vend des fruits depuis plus de dix ans. Comme chaque matin, il installe sa marchandise avant même le lever du soleil. Entre deux clients, nous lui demandons ce qu’il pense de la politique. Il esquisse un sourire et répond presque instinctivement : « La politique ? Ce n’est pas mon affaire. Je suis un simple citoyen. Ce sont les ministres, les députés et le Président qui décident. Moi, je dois juste gagner ma vie. »

Cette scène est fictive, mais cette réponse, elle, est bien réelle. Nous l’avons tous entendue d’un voisin, d’un collègue, d’un membre de notre famille ou peut-être même prononcée nous-mêmes. Derrière ces quelques mots se cache probablement l’une des idées les plus dangereuses pour une démocratie : croire que la politique appartient aux politiciens.

La politique ne commence ni dans un ministère ni dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Elle commence au moment où une commune décide de réparer une route plutôt qu’une autre, lorsqu’un budget est consacré à un nouvel hôpital plutôt qu’à un autre projet, lorsqu’une école reçoit davantage de salles de classe, lorsqu’un agriculteur obtient (ou non) des aides pour produire, lorsqu’un entrepreneur doit composer avec une administration plus ou moins efficace, ou encore lorsqu’un jeune diplômé peine à trouver un emploi. Nous parlons souvent de politique comme s’il s’agissait d’un monde parallèle, alors qu’elle façonne silencieusement chacun de nos quotidiens.

C’est précisément pour cette raison qu’il est impossible d’être « apolitique ». On peut choisir de ne pas suivre les débats, de ne pas voter, de ne pas s’informer ou de ne jamais exprimer son opinion. En revanche, personne ne peut choisir de ne pas subir les conséquences des décisions publiques. Refuser de participer à la vie démocratique ne nous place pas en dehors du système ; cela revient simplement à laisser d’autres décider en notre nom.

Le paradoxe est d’ailleurs frappant. Nous sommes souvent les premiers à dénoncer la dégradation des routes, la corruption, les coupures d’électricité, les difficultés d’accès aux soins, les problèmes de sécurité ou les insuffisances du système éducatif. Pourtant, lorsque vient le moment de participer à une réunion communale, de rejoindre une association, de contribuer à une consultation publique, de lire un programme politique ou simplement de vérifier une information avant de la partager, nous sommes beaucoup moins nombreux. Comme si nous espérions récolter les fruits d’un arbre que personne n’aurait accepté de planter.

Dans une démocratie, la citoyenneté ne s’exerce pas uniquement le jour des élections. Elle se construit chaque semaine, parfois chaque jour. Elle prend la forme d’une association qui défend les droits des personnes handicapées, d’un collectif qui nettoie régulièrement son quartier, d’un groupe de jeunes qui sensibilise contre les violences, d’une organisation qui accompagne les entrepreneurs, d’étudiants qui organisent des débats publics ou encore de citoyens qui interpellent respectueusement leurs élus sur l’utilisation des finances publiques. Aucun de ces engagements ne paraît spectaculaire pris isolément. Pourtant, c’est précisément cette multitude d’initiatives qui fait vivre une démocratie.

Il est temps que nous changions également notre manière de concevoir les institutions. Pendant longtemps, elles ont fonctionné selon une logique verticale : les citoyens élisent leurs représentants, puis attendent les prochaines élections pour faire entendre leur voix. Cette conception appartient à une autre époque. Aujourd’hui, une démocratie moderne ne peut plus se limiter à demander l’avis de la population tous les cinq ans. Elle doit créer des mécanismes permanents de participation.

Pourquoi les grandes réformes ne feraient-elles pas systématiquement l’objet de consultations citoyennes ? Pourquoi les communes ne disposeraient-elles pas de conseils citoyens réunissant habitants, associations, chercheurs, entrepreneurs et jeunes afin d’éclairer les décisions locales ? Pourquoi les pétitions citoyennes ne bénéficieraient-elles pas d’un véritable cadre juridique obligeant les institutions à examiner publiquement certaines propositions lorsqu’elles rassemblent un nombre significatif de signatures ? Pourquoi les associations, qui connaissent souvent les réalités du terrain mieux que quiconque, ne seraient-elles pas davantage associées à l’élaboration des politiques publiques ?

Écouter davantage les citoyens ne retire rien à l’autorité de l’État. Au contraire, cela renforce sa légitimité. Une décision comprise, discutée et enrichie par la population est presque toujours plus solide qu’une décision imposée sans dialogue.

Nous avons pris l’habitude de croire que le développement dépend exclusivement de ceux qui gouvernent. Pourtant, les sociétés les plus dynamiques sont rarement celles où les citoyens attendent tout de l’État. Ce sont celles où les habitants créent des associations, lancent des projets collectifs, suivent l’actualité avec esprit critique, proposent des solutions, contrôlent l’action publique et considèrent que le bien commun est aussi leur responsabilité. L’État fixe un cap, mais c’est toute la société qui fait avancer le navire.

Madagascar n’a pas seulement besoin de meilleurs dirigeants. Madagascar a besoin de davantage de citoyens qui acceptent d’être des acteurs plutôt que de simples observateurs. Des citoyens qui comprennent qu’une démocratie ne se mesure pas seulement à la qualité de ses institutions, mais aussi au niveau d’engagement de sa population.

Au fond, la politique n’est rien d’autre que l’art de décider ensemble de la société dans laquelle nous voulons vivre. Renoncer à y participer, c’est accepter que d’autres choisissent cette société à notre place.

La prochaine fois que quelqu’un affirmera : « La politique ne me concerne pas », rappelons-lui simplement ceci : Tu peux choisir d’ignorer la politique. En revanche, la politique, elle, ne t’ignorera jamais.

𝟭𝟰 𝗝𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲Dans l’imaginaire collectif malgache, L’État est encore souvent perçu comme une autorité à laquelle on se...
14/07/2026

𝟭𝟰 𝗝𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲

Dans l’imaginaire collectif malgache, L’État est encore souvent perçu comme une autorité à laquelle on se soumet davantage qu’une institution à laquelle on demande des comptes et le simple fait d’occuper une haute fonction publique semble parfois conférer un statut particulier, presque supérieur.

Afin de comprendre les racines de cette perception, il faut remonter plusieurs siècles en arrière. Dans la langue malgache, le mot « Fanjakana » désigne aujourd’hui l’État. Pourtant, ce terme renvoie également au royaume. Ce n’est pas un simple détail linguistique : les mots portent la mémoire des sociétés qui les utilisent.

Pendant des siècles, les dirigeants successifs ne tiraient pas leur légitimité d’une élection populaire, mais d’une conception sacrée du pouvoir. Le roi ou la reine était considéré comme le garant de l’ordre social et pouvait être associé à une mission d’origine divine. Son autorité dépassait donc la simple dimension politique pour revêtir également une dimension symbolique et spirituelle. Dans ce modèle, contester le pouvoir revenait souvent à remettre en question l’ordre établi lui-même.

Mais souvent, lorsqu’un pays change de régime politique, les institutions peuvent évoluer plus rapidement que les mentalités.

Depuis l’indépendance, Madagascar est une République. La Constitution affirme que la souveraineté appartient au peuple. Les ministres, les députés, les magistrats, les militaires, les policiers et les hauts fonctionnaires n’exercent donc pas un pouvoir personnel mais occupent des fonctions qui leur sont confiées afin d’accomplir une mission de service public.

Pourtant, certains héritages culturels continuent d’influencer notre rapport à l’autorité jusqu’à aujourd’hui et Il arrive encore que travailler pour l’État ou occuper une fonction élevée soit perçu comme un signe de prestige social, plaçant parfois le représentant de l’administration dans une position de supériorité plutôt que dans celle d’un serviteur de l’intérêt général dont la critique est parfois vécue comme un manque de respect préjudiciable envers la personne elle-même, plutôt que comme l’exercice normal d’un droit citoyen.

Dans une démocratie, cependant, le respect d’une fonction n’empêche jamais le contrôle de son exercice. Questionner une décision publique, demander des explications ou exprimer un désaccord dans le respect de la loi ne constitue pas une attaque contre l’État. C’est au contraire un droit fondamental du citoyen et une condition nécessaire au bon fonctionnement des institutions.

La véritable force d’un État ne réside pas dans la crainte qu’il inspire, mais dans la confiance qu’il construit. Une administration est forte lorsqu’elle rend des comptes, protège les libertés, applique la loi de manière équitable et reconnaît que nul, même parmi les plus hauts responsables, n’est au-dessus du droit car l’État n’est pas un pouvoir placé au-dessus du peuple. Il est l’outil que le peuple s’est donné pour organiser la société et protéger l’intérêt général.

𝟭𝟯 𝗝𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲« 𝐌𝐩𝐚𝐧𝐠𝐚𝐥𝐚-𝐣𝐚𝐳𝐚 𝐢𝐧𝐲 𝐞 ! »Parfois, une seule phrase suffit.En quelques secondes, une foule se rassemble. L...
13/07/2026

𝟭𝟯 𝗝𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲

« 𝐌𝐩𝐚𝐧𝐠𝐚𝐥𝐚-𝐣𝐚𝐳𝐚 𝐢𝐧𝐲 𝐞 ! »

Parfois, une seule phrase suffit.

En quelques secondes, une foule se rassemble. Les premiers coups partent, puis d’autres suivent. Plus personne ne cherche à comprendre, chacun frappe parce que les autres frappent.

Et si cette personne était innocente ?

Dans un contexte où les disparitions, les enlèvements et l’insécurité alimentent la peur des Malgaches, le Fitsaram-bahoaka est devenu une réaction que beaucoup comprennent. Lorsque la justice semble lente ou inefficace, certains pensent que la seule solution est de rendre justice eux-mêmes. Mais une réaction compréhensible n’est pas toujours une bonne solution.

À Analakely, il y a quelques jours, une femme a été violemment frappée après avoir été accusée de vol. Les caméras de surveillance ont ensuite révélé qu’elle n’avait rien volé et, à Ilanivato Ampasika, un homme a été lynché parce qu’il était soupçonné d’avoir voulu enlever un enfant alors qu’il s’agissait en réalité… du père de cet enfant. Leurs points communs : un simple soupçon et un « hono hono » qui ont suffi à les condamner. Et malheureusement, ces cas ne sont pas les seuls en ce moment, vu le contexte social actuel.

Et lorsqu’une foule se trompe, la sanction est irréversible. Tandis que, dans un État de droit, une personne injustement emprisonnée peut encore être innocentée et indemnisée de son grief, un innocent tué par une foule ne reviendra jamais et sa famille vivra avec une injustice qu’aucune décision de justice ne pourra jamais réparer.

Le Fitsaram-bahoaka fait également le jeu des véritables criminels. En tuant immédiatement les suspects, qui sont réellement coupables des accusations, on empêche souvent les enquêteurs de remonter jusqu’aux commanditaires et aux réseaux organisés, car seuls les exécutants connaissent les commanditaires et pourraient permettre d’obtenir des informations, de remonter les filières ou d’identifier les véritables cerveaux. Les vrais responsables restent donc libres et peuvent recruter d’autres exécutants pendant que la population croit avoir obtenu une justice éphémère.

Refuser le Fitsaram-bahoaka ne signifie donc pas accepter l’impunité. Au contraire. Les suspects doivent être remis aux autorités, tandis que les citoyens doivent rester mobilisés : suivre les enquêtes, demander des comptes, dénoncer les irrégularités et exercer une pression populaire pour que les véritables responsables soient jugés.

Car une société où l’on peut mourir sur une simple accusation est une société où plus personne n’est réellement en sécurité. Aujourd’hui, la victime est peut-être un inconnu. Demain, cela pourrait être votre frère, votre père… ou vous.

11/07/2026

Face aux récents cas de signalés ici et là, voici les 𝗡𝗨𝗠É𝗥𝗢𝗦 𝗗'𝗨𝗥𝗚𝗘𝗡𝗖𝗘 que vous pouvez contacter pour faciliter les recherches et les démarches en cas de disparition d’une personne : NUMÉROS DE CONTACT DE LA GENDARMERIE NATIONALE
( )
Numéro (appel gratuit): 147
☎️Brigade Antananarivo Ville (Betongolo): 034.14.006.50
☎️Brigade Andoharanofotsy : 034.05.700.84
✓ PA Ambatofotsy : 034.05.700.86
✓ PA Ankadivoribe : 038.51.700.40
✓PA Ambatofahavalo: 038.62.700.40
✓ PA Soavina : 038.28.700.40
✓ PF Ambalavao: 038.26.700.40
✓ PF Bongatsara : 038.76.700.40
✓ PF Ambohijanaka : 038.67.700.40
✓ PF Tsilazaina: 038.86.700.40
☎️Brigade Ambohimanga Rova 034.14.014.51
☎️Brigade Sabotsy Namehana 034.14.009.52
✓ PA Fiaferana: 038.54.700.40
✓ PA Antanambao: 038.69.700.40
☎️Brigade Ankadikely Ilafy 034.14.009.53
✓ PF Mandrosoa: 038.10.700.41
☎️Brigade Ankadinandriana 034.14.007.66
✓ PF Masindray: 038.10.700.41
☎️Brigade Talata Volonondry 038.17.700.40
☎️Brigade Ambohimalaza 034.05.700.72
✓ PA Ambohimanambola : 038.58.700 40
✓ PA Anjeva Gara: 038.55.700.40
☎️Brigade Itaosy: 034.14.009.55
✓ PA Ambavahaditokana: 038.40.700.40
✓ PF Ankadimanga: 038.16.700.40
✓PA Ambohimamory: 038.20.007.55
✓ PF Bemasoandro: 034.91.007.55
☎️Brigade Fenoarivo 034.14.009.55
✓ PA Antanety II (Vontovorona): 034.14.019.93
✓ PA Ambohijafy: 034.14.019.95
✓ PF Ampitatafika: 034.14.019.91
✓ PF Anosizato : 034.14.019.90
✓ PF Faliarivo: 034.14.019.92
✓ PF Alakamisy : 034.14.019.96
☎️Brigade Alasora : 034.14.019.54
☎️Brigade Ambohimangakely 034.05.700.71
✓ PA Soamanandrariny : 038.14.700.40
☎️N'hésitez pas à appeler directement les brigades les plus proches de vous.

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𝟬𝟵 𝗷𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲Ce matin, nous avons appris que le décret de nomination du Professeur Andrianaivontseheno Ravaka, Médiate...
09/07/2026

𝟬𝟵 𝗷𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲

Ce matin, nous avons appris que le décret de nomination du Professeur Andrianaivontseheno Ravaka, Médiateur, Défenseur du Peuple, a été abrogé à l’issue du Conseil des ministres. Cette décision intervient seulement sept mois après sa prise de fonctions, alors que son mandat était initialement fixé à six ans par l’Ordonnance n°92-012 du 29 avril 1992. Pour rappel, elle avait été nommée le 12 décembre 2025.

Mais au fait, qu’est-ce que le Médiateur de la République ?

Imaginez que vous déposiez un dossier dans une administration et que, pendant des mois, rien n’avance. Ou encore qu’une décision vous semble injuste sans savoir vers qui vous tourner. C’est précisément pour répondre à ce type de situation que la Médiature de la République de Madagascar -Page officielle a été créée en 1992.

Sa mission est simple : protéger les citoyens face aux dysfonctionnements de l’administration. Toute personne qui estime qu’un ministère, une commune, un établissement public ou tout autre organisme chargé d’une mssion de service public n’a pas correctement rempli son rôle peut saisir la Médiature, à condition d’avoir d’abord tenté de résoudre le problème directement auprès de l’administration concernée.

Contrairement à une idée largement répandue, le Médiateur n’est ni un juge ni un membre du Gouvernement. Il ne peut donc ni annuler une décision administrative, ni condamner une administration, ni remplacer les tribunaux. En revanche, la loi lui confère d’importants pouvoirs d’investigation : il peut consulter les dossiers administratifs, demander la communication de documents, effectuer des enquêtes, entendre les personnes concernées et formuler des recommandations afin de trouver une solution. Les administrations sont d’ailleurs légalement tenues de coopérer avec lui.

Cependant, son rôle ne se limite pas au traitement des réclamations. La Médiature étudie également les difficultés rencontrées par les citoyens afin d’identifier les lois devenues inadaptées ou les pratiques administratives à l’origine de dysfonctionnements. Elle peut ainsi proposer des réformes destinées à améliorer les services publics, renforcer la bonne gouvernance et mieux protéger les droits des citoyens.

Chaque année, le Médiateur remet un rapport au Président de la République, au Parlement et au Premier ministre. Ce document dresse un bilan de son activité, met en lumière les difficultés récurrentes rencontrées dans les relations entre l’administration et les administrés et formule des recommandations visant à améliorer le fonctionnement de l’État.

L’exposé des motifs de l’Ordonnance de 1992 résume parfaitement la raison d’être de cette institution. Le législateur y reconnaît que, dans une démocratie, le citoyen peut facilement se retrouver démuni face à une administration complexe, à des procédures longues ou à une méconnaissance de ses droits. La Médiature a donc été instituée pour rétablir un équilibre entre l’administration et les citoyens, prévenir les abus et exercer ce que le texte qualifie de véritable « magistrature morale » au service du peuple.

Au-delà des changements de personnes, il est donc essentiel de connaître les institutions de notre pays et de comprendre le rôle qu’elles jouent dans la protection des droits des citoyens ainsi que dans l’amélioration du fonctionnement de l’administration publique.

Enfin, nous adressons nos sincères remerciements au Professeur Andrianaivontseheno Ravaka pour son implication, son engagement et le travail accompli à la tête de la Médiature de la République. Nous lui souhaitons une excellente continuation et beaucoup de réussite dans la poursuite de sa carrière au service de l’intérêt général.

Suivez le lien pour lire le décret :https://mediature.gov.mg/wp-content/uploads/sites/3/2024/06/RECEUIL-DES-TEXTES-SUR-LA-MEDIATURE-DE-LA-REPUBLIQUE.pdf

𝟬𝟴 𝗷𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲Il est difficile d’imaginer ce que représente une disparition… jusqu’à ce qu’elle touche quelqu’un que l’...
08/07/2026

𝟬𝟴 𝗷𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲

Il est difficile d’imaginer ce que représente une disparition… jusqu’à ce qu’elle touche quelqu’un que l’on aime.

Aujourd’hui, on parle d’environ 90 personnes portées disparues depuis le début de cette nouvelle vague qui frappe Madagascar. Quatre-vingt-dix vies bouleversées. Quatre-vingt-dix familles qui se réveillent chaque matin avec la même question : où est-il ? Où est-elle ?

Derrière chaque avis de recherche partagé sur les réseaux sociaux, il y a une mère qui ne dort plus, un père qui continue de répondre au téléphone avec l’espoir d’entendre une bonne nouvelle, et des frères, des sœurs, des amis qui scrutent chaque publication, chaque témoignage, chaque rumeur, dans l’espoir qu’un détail permette enfin de retrouver leur proche. Certaines d’entre elles réapparaissent quelques jours plus t**d, désorientées, incapables de raconter précisément ce qui leur est arrivé. D’autres sont encore en cours de recherche et certaines, malheureusement, ne reviennent jamais vivantes.
Nous pensons notamment à la petite Sahala, retrouvée sans vie il y a quelques jours déjà, à plusieurs kilomètres de son domicile alors qu’elle venait de réussir son CEPE et s’apprêtait simplement à profiter de ses vacances, et à Johary, 19 ans, dont la disparition avait été signalée par ses proches avant que son corps ne soit retrouvé hier matin dans les carrières d’Ambatomaro.

Mais au-delà de l’émotion, une question revient avec insistance : pourquoi cette impression de déjà-vu ?

Ce n’est malheureusement pas la première fois que le pays traverse une période où l’insécurité semble brutalement s’intensifier. En 2022, de nombreux témoignages faisaient état de mystérieux 4x4 aux vitres teintées qui auraient enlevé des personnes retrouvées plusieurs heures ou plusieurs jours plus t**d à la périphérie de la capitale, souvent incapables de raconter ce qu’elles avaient subi. Quelques années auparavant, durant le régime du président Rajaonarimampianina, c’était une autre psychose qui s’était installée : des individus non identifiés, armés de bois ronds cloutés, erraient en soirée ou durant la nuit et s’en prenaient à des passants, sans mobile apparent, plongeant plusieurs quartiers dans un climat de peur. À d’autres moments encore, d’autres phénomènes ont alimenté l’angoisse collective, comme des rumeurs où chacun racontait avoir aperçu ou entendu parler d’une mystérieuse présence bestiale qui terrorisait les ruelles de la ville.

Les contextes changent, les histoires diffèrent mais un élément semble revenir avec une régularité troublante : ces vagues d’angoisse apparaissent souvent à l’approche ou pendant des périodes politiquement sensibles.

À chaque grand tournant dans la vie politique malgache, la peur semble reprendre sa place dans le quotidien des Malgaches. Les rues se vident plus tôt, les parents rappellent leurs enfants avant la tombée de la nuit, les trajets habituels deviennent source d’inquiétude et les réseaux sociaux se remplissent d’avis de recherche, d’alertes et parfois aussi de fausses informations qui alimentent encore davantage la psychose.

Alors, comment expliquer que ce phénomène semble revenir à chaque grande période politique ?

S’agit-il d’une simple coïncidence ? D’une hausse ponctuelle de l’insécurité favorisée par un climat de tension ? Certains y voient même une stratégie de déstabilisation ou de diversion, menée au détriment de la population. D’autres évoquent des rumeurs de pratiques occultes ou de rituels sombres, des récits qui refont régulièrement surface lorsque la peur s’installe. Faut-il y voir le reflet d’une angoisse collective qui nourrit les spéculations ? Ou bien ces événements répondent-ils à des réalités bien différentes que seules des enquêtes sérieuses permettront d’établir ?

À ce stade, aucune de ces hypothèses ne peut être affirmée. Dans un État de droit, les réponses ne peuvent venir ni des rumeurs ni des théories, mais d’enquêtes indépendantes, transparentes et rigoureuses. En revanche, une réalité ne fait aucun doute : le sentiment d’insécurité grandit. Et, avec lui, la peur s’installe peu à peu dans le quotidien de nombreux Malgaches.

Au-delà des analyses politiques et des débats d’opinion, une disparition reste avant tout une tragédie humaine. Chaque victime mérite que toute la vérité soit établie. Chaque famille mérite des réponses et que justice soit rendue. Chaque citoyen devrait pouvoir quitter son domicile avec la certitude de pouvoir y revenir en sécurité.

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