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15/07/2026

đŸ­đŸ± đ—·đ˜‚đ—¶đ—čđ—čđ—Č𝘁 𝟼𝟬𝟼đŸČ

« La politique, c’est comme une partie de UNO : si tu ne prends pas le temps d’en comprendre les rĂšgles, tu finiras par jouer selon celles des autres
 puis tu te demanderas pourquoi tu perds. »

À Analakely, Rakoto vend des fruits depuis plus de dix ans. Comme chaque matin, il installe sa marchandise avant mĂȘme le lever du soleil. Entre deux clients, nous lui demandons ce qu’il pense de la politique. Il esquisse un sourire et rĂ©pond presque instinctivement : « La politique ? Ce n’est pas mon affaire. Je suis un simple citoyen. Ce sont les ministres, les dĂ©putĂ©s et le PrĂ©sident qui dĂ©cident. Moi, je dois juste gagner ma vie. »

Cette scĂšne est fictive, mais cette rĂ©ponse, elle, est bien rĂ©elle. Nous l’avons tous entendue d’un voisin, d’un collĂšgue, d’un membre de notre famille ou peut-ĂȘtre mĂȘme prononcĂ©e nous-mĂȘmes. DerriĂšre ces quelques mots se cache probablement l’une des idĂ©es les plus dangereuses pour une dĂ©mocratie : croire que la politique appartient aux politiciens.

La politique ne commence ni dans un ministĂšre ni dans l’hĂ©micycle de l’AssemblĂ©e nationale. Elle commence au moment oĂč une commune dĂ©cide de rĂ©parer une route plutĂŽt qu’une autre, lorsqu’un budget est consacrĂ© Ă  un nouvel hĂŽpital plutĂŽt qu’à un autre projet, lorsqu’une Ă©cole reçoit davantage de salles de classe, lorsqu’un agriculteur obtient (ou non) des aides pour produire, lorsqu’un entrepreneur doit composer avec une administration plus ou moins efficace, ou encore lorsqu’un jeune diplĂŽmĂ© peine Ă  trouver un emploi. Nous parlons souvent de politique comme s’il s’agissait d’un monde parallĂšle, alors qu’elle façonne silencieusement chacun de nos quotidiens.

C’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison qu’il est impossible d’ĂȘtre « apolitique ». On peut choisir de ne pas suivre les dĂ©bats, de ne pas voter, de ne pas s’informer ou de ne jamais exprimer son opinion. En revanche, personne ne peut choisir de ne pas subir les consĂ©quences des dĂ©cisions publiques. Refuser de participer Ă  la vie dĂ©mocratique ne nous place pas en dehors du systĂšme ; cela revient simplement Ă  laisser d’autres dĂ©cider en notre nom.

Le paradoxe est d’ailleurs frappant. Nous sommes souvent les premiers Ă  dĂ©noncer la dĂ©gradation des routes, la corruption, les coupures d’électricitĂ©, les difficultĂ©s d’accĂšs aux soins, les problĂšmes de sĂ©curitĂ© ou les insuffisances du systĂšme Ă©ducatif. Pourtant, lorsque vient le moment de participer Ă  une rĂ©union communale, de rejoindre une association, de contribuer Ă  une consultation publique, de lire un programme politique ou simplement de vĂ©rifier une information avant de la partager, nous sommes beaucoup moins nombreux. Comme si nous espĂ©rions rĂ©colter les fruits d’un arbre que personne n’aurait acceptĂ© de planter.

Dans une dĂ©mocratie, la citoyennetĂ© ne s’exerce pas uniquement le jour des Ă©lections. Elle se construit chaque semaine, parfois chaque jour. Elle prend la forme d’une association qui dĂ©fend les droits des personnes handicapĂ©es, d’un collectif qui nettoie rĂ©guliĂšrement son quartier, d’un groupe de jeunes qui sensibilise contre les violences, d’une organisation qui accompagne les entrepreneurs, d’étudiants qui organisent des dĂ©bats publics ou encore de citoyens qui interpellent respectueusement leurs Ă©lus sur l’utilisation des finances publiques. Aucun de ces engagements ne paraĂźt spectaculaire pris isolĂ©ment. Pourtant, c’est prĂ©cisĂ©ment cette multitude d’initiatives qui fait vivre une dĂ©mocratie.

Il est temps que nous changions Ă©galement notre maniĂšre de concevoir les institutions. Pendant longtemps, elles ont fonctionnĂ© selon une logique verticale : les citoyens Ă©lisent leurs reprĂ©sentants, puis attendent les prochaines Ă©lections pour faire entendre leur voix. Cette conception appartient Ă  une autre Ă©poque. Aujourd’hui, une dĂ©mocratie moderne ne peut plus se limiter Ă  demander l’avis de la population tous les cinq ans. Elle doit crĂ©er des mĂ©canismes permanents de participation.

Pourquoi les grandes rĂ©formes ne feraient-elles pas systĂ©matiquement l’objet de consultations citoyennes ? Pourquoi les communes ne disposeraient-elles pas de conseils citoyens rĂ©unissant habitants, associations, chercheurs, entrepreneurs et jeunes afin d’éclairer les dĂ©cisions locales ? Pourquoi les pĂ©titions citoyennes ne bĂ©nĂ©ficieraient-elles pas d’un vĂ©ritable cadre juridique obligeant les institutions Ă  examiner publiquement certaines propositions lorsqu’elles rassemblent un nombre significatif de signatures ? Pourquoi les associations, qui connaissent souvent les rĂ©alitĂ©s du terrain mieux que quiconque, ne seraient-elles pas davantage associĂ©es Ă  l’élaboration des politiques publiques ?

Écouter davantage les citoyens ne retire rien Ă  l’autoritĂ© de l’État. Au contraire, cela renforce sa lĂ©gitimitĂ©. Une dĂ©cision comprise, discutĂ©e et enrichie par la population est presque toujours plus solide qu’une dĂ©cision imposĂ©e sans dialogue.

Nous avons pris l’habitude de croire que le dĂ©veloppement dĂ©pend exclusivement de ceux qui gouvernent. Pourtant, les sociĂ©tĂ©s les plus dynamiques sont rarement celles oĂč les citoyens attendent tout de l’État. Ce sont celles oĂč les habitants crĂ©ent des associations, lancent des projets collectifs, suivent l’actualitĂ© avec esprit critique, proposent des solutions, contrĂŽlent l’action publique et considĂšrent que le bien commun est aussi leur responsabilitĂ©. L’État fixe un cap, mais c’est toute la sociĂ©tĂ© qui fait avancer le navire.

Madagascar n’a pas seulement besoin de meilleurs dirigeants. Madagascar a besoin de davantage de citoyens qui acceptent d’ĂȘtre des acteurs plutĂŽt que de simples observateurs. Des citoyens qui comprennent qu’une dĂ©mocratie ne se mesure pas seulement Ă  la qualitĂ© de ses institutions, mais aussi au niveau d’engagement de sa population.

Au fond, la politique n’est rien d’autre que l’art de dĂ©cider ensemble de la sociĂ©tĂ© dans laquelle nous voulons vivre. Renoncer Ă  y participer, c’est accepter que d’autres choisissent cette sociĂ©tĂ© Ă  notre place.

La prochaine fois que quelqu’un affirmera : « La politique ne me concerne pas », rappelons-lui simplement ceci : Tu peux choisir d’ignorer la politique. En revanche, la politique, elle, ne t’ignorera jamais.

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14/07/2026

𝟭𝟰 đ—đ˜‚đ—¶đ—čđ—čđ—Č𝘁 𝟼𝟬𝟼đŸČ

Dans l’imaginaire collectif malgache, L’État est encore souvent perçu comme une autoritĂ© Ă  laquelle on se soumet davantage qu’une institution Ă  laquelle on demande des comptes et le simple fait d’occuper une haute fonction publique semble parfois confĂ©rer un statut particulier, presque supĂ©rieur.

Afin de comprendre les racines de cette perception, il faut remonter plusieurs siĂšcles en arriĂšre. Dans la langue malgache, le mot « Fanjakana » dĂ©signe aujourd’hui l’État. Pourtant, ce terme renvoie Ă©galement au royaume. Ce n’est pas un simple dĂ©tail linguistique : les mots portent la mĂ©moire des sociĂ©tĂ©s qui les utilisent.

Pendant des siĂšcles, les dirigeants successifs ne tiraient pas leur lĂ©gitimitĂ© d’une Ă©lection populaire, mais d’une conception sacrĂ©e du pouvoir. Le roi ou la reine Ă©tait considĂ©rĂ© comme le garant de l’ordre social et pouvait ĂȘtre associĂ© Ă  une mission d’origine divine. Son autoritĂ© dĂ©passait donc la simple dimension politique pour revĂȘtir Ă©galement une dimension symbolique et spirituelle. Dans ce modĂšle, contester le pouvoir revenait souvent Ă  remettre en question l’ordre Ă©tabli lui-mĂȘme.

Mais souvent, lorsqu’un pays change de rĂ©gime politique, les institutions peuvent Ă©voluer plus rapidement que les mentalitĂ©s.

Depuis l’indĂ©pendance, Madagascar est une RĂ©publique. La Constitution affirme que la souverainetĂ© appartient au peuple. Les ministres, les dĂ©putĂ©s, les magistrats, les militaires, les policiers et les hauts fonctionnaires n’exercent donc pas un pouvoir personnel mais occupent des fonctions qui leur sont confiĂ©es afin d’accomplir une mission de service public.

Pourtant, certains hĂ©ritages culturels continuent d’influencer notre rapport Ă  l’autoritĂ© jusqu’à aujourd’hui et Il arrive encore que travailler pour l’État ou occuper une fonction Ă©levĂ©e soit perçu comme un signe de prestige social, plaçant parfois le reprĂ©sentant de l’administration dans une position de supĂ©rioritĂ© plutĂŽt que dans celle d’un serviteur de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral dont la critique est parfois vĂ©cue comme un manque de respect prĂ©judiciable envers la personne elle-mĂȘme, plutĂŽt que comme l’exercice normal d’un droit citoyen.

Dans une dĂ©mocratie, cependant, le respect d’une fonction n’empĂȘche jamais le contrĂŽle de son exercice. Questionner une dĂ©cision publique, demander des explications ou exprimer un dĂ©saccord dans le respect de la loi ne constitue pas une attaque contre l’État. C’est au contraire un droit fondamental du citoyen et une condition nĂ©cessaire au bon fonctionnement des institutions.

La vĂ©ritable force d’un État ne rĂ©side pas dans la crainte qu’il inspire, mais dans la confiance qu’il construit. Une administration est forte lorsqu’elle rend des comptes, protĂšge les libertĂ©s, applique la loi de maniĂšre Ă©quitable et reconnaĂźt que nul, mĂȘme parmi les plus hauts responsables, n’est au-dessus du droit car l’État n’est pas un pouvoir placĂ© au-dessus du peuple. Il est l’outil que le peuple s’est donnĂ© pour organiser la sociĂ©tĂ© et protĂ©ger l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

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13/07/2026

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« đŒđ©đšđ§đ đšđ„đš-𝐣𝐚𝐳𝐚 𝐱𝐧đČ 𝐞 ! »

Parfois, une seule phrase suffit.

En quelques secondes, une foule se rassemble. Les premiers coups partent, puis d’autres suivent. Plus personne ne cherche à comprendre, chacun frappe parce que les autres frappent.

Et si cette personne était innocente ?

Dans un contexte oĂč les disparitions, les enlĂšvements et l’insĂ©curitĂ© alimentent la peur des Malgaches, le Fitsaram-bahoaka est devenu une rĂ©action que beaucoup comprennent. Lorsque la justice semble lente ou inefficace, certains pensent que la seule solution est de rendre justice eux-mĂȘmes. Mais une rĂ©action comprĂ©hensible n’est pas toujours une bonne solution.

À Analakely, il y a quelques jours, une femme a Ă©tĂ© violemment frappĂ©e aprĂšs avoir Ă©tĂ© accusĂ©e de vol. Les camĂ©ras de surveillance ont ensuite rĂ©vĂ©lĂ© qu’elle n’avait rien volĂ© et, Ă  Ilanivato Ampasika, un homme a Ă©tĂ© lynchĂ© parce qu’il Ă©tait soupçonnĂ© d’avoir voulu enlever un enfant alors qu’il s’agissait en rĂ©alité  du pĂšre de cet enfant. Leurs points communs : un simple soupçon et un « hono hono » qui ont suffi Ă  les condamner. Et malheureusement, ces cas ne sont pas les seuls en ce moment, vu le contexte social actuel.

Et lorsqu’une foule se trompe, la sanction est irrĂ©versible. Tandis que, dans un État de droit, une personne injustement emprisonnĂ©e peut encore ĂȘtre innocentĂ©e et indemnisĂ©e de son grief, un innocent tuĂ© par une foule ne reviendra jamais et sa famille vivra avec une injustice qu’aucune dĂ©cision de justice ne pourra jamais rĂ©parer.

Le Fitsaram-bahoaka fait Ă©galement le jeu des vĂ©ritables criminels. En tuant immĂ©diatement les suspects, qui sont rĂ©ellement coupables des accusations, on empĂȘche souvent les enquĂȘteurs de remonter jusqu’aux commanditaires et aux rĂ©seaux organisĂ©s, car seuls les exĂ©cutants connaissent les commanditaires et pourraient permettre d’obtenir des informations, de remonter les filiĂšres ou d’identifier les vĂ©ritables cerveaux. Les vrais responsables restent donc libres et peuvent recruter d’autres exĂ©cutants pendant que la population croit avoir obtenu une justice Ă©phĂ©mĂšre.

Refuser le Fitsaram-bahoaka ne signifie donc pas accepter l’impunitĂ©. Au contraire. Les suspects doivent ĂȘtre remis aux autoritĂ©s, tandis que les citoyens doivent rester mobilisĂ©s : suivre les enquĂȘtes, demander des comptes, dĂ©noncer les irrĂ©gularitĂ©s et exercer une pression populaire pour que les vĂ©ritables responsables soient jugĂ©s.

Car une sociĂ©tĂ© oĂč l’on peut mourir sur une simple accusation est une sociĂ©tĂ© oĂč plus personne n’est rĂ©ellement en sĂ©curitĂ©. Aujourd’hui, la victime est peut-ĂȘtre un inconnu. Demain, cela pourrait ĂȘtre votre frĂšre, votre pĂšre
 ou vous.

11/07/2026

Face aux rĂ©cents cas de signalĂ©s ici et lĂ , voici les đ—Ąđ—šđ— Ă‰đ—„đ—ąđ—Š 𝗗'đ—šđ—„đ—šđ—˜đ—Ąđ—–đ—˜ que vous pouvez contacter pour faciliter les recherches et les dĂ©marches en cas de disparition d’une personne : NUMÉROS DE CONTACT DE LA GENDARMERIE NATIONALE
( )
Numéro (appel gratuit): 147
☎Brigade Antananarivo Ville (Betongolo): 034.14.006.50
☎Brigade Andoharanofotsy : 034.05.700.84
✓ PA Ambatofotsy : 034.05.700.86
✓ PA Ankadivoribe : 038.51.700.40
✓PA Ambatofahavalo: 038.62.700.40
✓ PA Soavina : 038.28.700.40
✓ PF Ambalavao: 038.26.700.40
✓ PF Bongatsara : 038.76.700.40
✓ PF Ambohijanaka : 038.67.700.40
✓ PF Tsilazaina: 038.86.700.40
☎Brigade Ambohimanga Rova 034.14.014.51
☎Brigade Sabotsy Namehana 034.14.009.52
✓ PA Fiaferana: 038.54.700.40
✓ PA Antanambao: 038.69.700.40
☎Brigade Ankadikely Ilafy 034.14.009.53
✓ PF Mandrosoa: 038.10.700.41
☎Brigade Ankadinandriana 034.14.007.66
✓ PF Masindray: 038.10.700.41
☎Brigade Talata Volonondry 038.17.700.40
☎Brigade Ambohimalaza 034.05.700.72
✓ PA Ambohimanambola : 038.58.700 40
✓ PA Anjeva Gara: 038.55.700.40
☎Brigade Itaosy: 034.14.009.55
✓ PA Ambavahaditokana: 038.40.700.40
✓ PF Ankadimanga: 038.16.700.40
✓PA Ambohimamory: 038.20.007.55
✓ PF Bemasoandro: 034.91.007.55
☎Brigade Fenoarivo 034.14.009.55
✓ PA Antanety II (Vontovorona): 034.14.019.93
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✓ PF Anosizato : 034.14.019.90
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☎N'hĂ©sitez pas Ă  appeler directement les brigades les plus proches de vous.

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09/07/2026

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Ce matin, nous avons appris que le dĂ©cret de nomination du Professeur Andrianaivontseheno Ravaka, MĂ©diateur, DĂ©fenseur du Peuple, a Ă©tĂ© abrogĂ© Ă  l’issue du Conseil des ministres. Cette dĂ©cision intervient seulement sept mois aprĂšs sa prise de fonctions, alors que son mandat Ă©tait initialement fixĂ© Ă  six ans par l’Ordonnance n°92-012 du 29 avril 1992. Pour rappel, elle avait Ă©tĂ© nommĂ©e le 12 dĂ©cembre 2025.

Mais au fait, qu’est-ce que le MĂ©diateur de la RĂ©publique ?

Imaginez que vous dĂ©posiez un dossier dans une administration et que, pendant des mois, rien n’avance. Ou encore qu’une dĂ©cision vous semble injuste sans savoir vers qui vous tourner. C’est prĂ©cisĂ©ment pour rĂ©pondre Ă  ce type de situation que la MĂ©diature de la RĂ©publique de Madagascar -Page officielle a Ă©tĂ© créée en 1992.

Sa mission est simple : protĂ©ger les citoyens face aux dysfonctionnements de l’administration. Toute personne qui estime qu’un ministĂšre, une commune, un Ă©tablissement public ou tout autre organisme chargĂ© d’une mssion de service public n’a pas correctement rempli son rĂŽle peut saisir la MĂ©diature, Ă  condition d’avoir d’abord tentĂ© de rĂ©soudre le problĂšme directement auprĂšs de l’administration concernĂ©e.

Contrairement Ă  une idĂ©e largement rĂ©pandue, le MĂ©diateur n’est ni un juge ni un membre du Gouvernement. Il ne peut donc ni annuler une dĂ©cision administrative, ni condamner une administration, ni remplacer les tribunaux. En revanche, la loi lui confĂšre d’importants pouvoirs d’investigation : il peut consulter les dossiers administratifs, demander la communication de documents, effectuer des enquĂȘtes, entendre les personnes concernĂ©es et formuler des recommandations afin de trouver une solution. Les administrations sont d’ailleurs lĂ©galement tenues de coopĂ©rer avec lui.

Cependant, son rĂŽle ne se limite pas au traitement des rĂ©clamations. La MĂ©diature Ă©tudie Ă©galement les difficultĂ©s rencontrĂ©es par les citoyens afin d’identifier les lois devenues inadaptĂ©es ou les pratiques administratives Ă  l’origine de dysfonctionnements. Elle peut ainsi proposer des rĂ©formes destinĂ©es Ă  amĂ©liorer les services publics, renforcer la bonne gouvernance et mieux protĂ©ger les droits des citoyens.

Chaque annĂ©e, le MĂ©diateur remet un rapport au PrĂ©sident de la RĂ©publique, au Parlement et au Premier ministre. Ce document dresse un bilan de son activitĂ©, met en lumiĂšre les difficultĂ©s rĂ©currentes rencontrĂ©es dans les relations entre l’administration et les administrĂ©s et formule des recommandations visant Ă  amĂ©liorer le fonctionnement de l’État.

L’exposĂ© des motifs de l’Ordonnance de 1992 rĂ©sume parfaitement la raison d’ĂȘtre de cette institution. Le lĂ©gislateur y reconnaĂźt que, dans une dĂ©mocratie, le citoyen peut facilement se retrouver dĂ©muni face Ă  une administration complexe, Ă  des procĂ©dures longues ou Ă  une mĂ©connaissance de ses droits. La MĂ©diature a donc Ă©tĂ© instituĂ©e pour rĂ©tablir un Ă©quilibre entre l’administration et les citoyens, prĂ©venir les abus et exercer ce que le texte qualifie de vĂ©ritable « magistrature morale » au service du peuple.

Au-delĂ  des changements de personnes, il est donc essentiel de connaĂźtre les institutions de notre pays et de comprendre le rĂŽle qu’elles jouent dans la protection des droits des citoyens ainsi que dans l’amĂ©lioration du fonctionnement de l’administration publique.

Enfin, nous adressons nos sincĂšres remerciements au Professeur Andrianaivontseheno Ravaka pour son implication, son engagement et le travail accompli Ă  la tĂȘte de la MĂ©diature de la RĂ©publique. Nous lui souhaitons une excellente continuation et beaucoup de rĂ©ussite dans la poursuite de sa carriĂšre au service de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

Suivez le lien pour lire le décret :https://mediature.gov.mg/wp-content/uploads/sites/3/2024/06/RECEUIL-DES-TEXTES-SUR-LA-MEDIATURE-DE-LA-REPUBLIQUE.pdf

𝟬𝟮 đ—·đ˜‚đ—¶đ—čđ—čđ—Č𝘁 𝟼𝟬𝟼đŸČIl est difficile d’imaginer ce que reprĂ©sente une disparition
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08/07/2026

𝟬𝟮 đ—·đ˜‚đ—¶đ—čđ—čđ—Č𝘁 𝟼𝟬𝟼đŸČ

Il est difficile d’imaginer ce que reprĂ©sente une disparition
 jusqu’à ce qu’elle touche quelqu’un que l’on aime.

Aujourd’hui, on parle d’environ 90 personnes portĂ©es disparues depuis le dĂ©but de cette nouvelle vague qui frappe Madagascar. Quatre-vingt-dix vies bouleversĂ©es. Quatre-vingt-dix familles qui se rĂ©veillent chaque matin avec la mĂȘme question : oĂč est-il ? OĂč est-elle ?

DerriĂšre chaque avis de recherche partagĂ© sur les rĂ©seaux sociaux, il y a une mĂšre qui ne dort plus, un pĂšre qui continue de rĂ©pondre au tĂ©lĂ©phone avec l’espoir d’entendre une bonne nouvelle, et des frĂšres, des sƓurs, des amis qui scrutent chaque publication, chaque tĂ©moignage, chaque rumeur, dans l’espoir qu’un dĂ©tail permette enfin de retrouver leur proche. Certaines d’entre elles rĂ©apparaissent quelques jours plus t**d, dĂ©sorientĂ©es, incapables de raconter prĂ©cisĂ©ment ce qui leur est arrivĂ©. D’autres sont encore en cours de recherche et certaines, malheureusement, ne reviennent jamais vivantes.
Nous pensons notamment Ă  la petite Sahala, retrouvĂ©e sans vie il y a quelques jours dĂ©jĂ , Ă  plusieurs kilomĂštres de son domicile alors qu’elle venait de rĂ©ussir son CEPE et s’apprĂȘtait simplement Ă  profiter de ses vacances, et Ă  Johary, 19 ans, dont la disparition avait Ă©tĂ© signalĂ©e par ses proches avant que son corps ne soit retrouvĂ© hier matin dans les carriĂšres d’Ambatomaro.

Mais au-delĂ  de l’émotion, une question revient avec insistance : pourquoi cette impression de dĂ©jĂ -vu ?

Ce n’est malheureusement pas la premiĂšre fois que le pays traverse une pĂ©riode oĂč l’insĂ©curitĂ© semble brutalement s’intensifier. En 2022, de nombreux tĂ©moignages faisaient Ă©tat de mystĂ©rieux 4x4 aux vitres teintĂ©es qui auraient enlevĂ© des personnes retrouvĂ©es plusieurs heures ou plusieurs jours plus t**d Ă  la pĂ©riphĂ©rie de la capitale, souvent incapables de raconter ce qu’elles avaient subi. Quelques annĂ©es auparavant, durant le rĂ©gime du prĂ©sident Rajaonarimampianina, c’était une autre psychose qui s’était installĂ©e : des individus non identifiĂ©s, armĂ©s de bois ronds cloutĂ©s, erraient en soirĂ©e ou durant la nuit et s’en prenaient Ă  des passants, sans mobile apparent, plongeant plusieurs quartiers dans un climat de peur. À d’autres moments encore, d’autres phĂ©nomĂšnes ont alimentĂ© l’angoisse collective, comme des rumeurs oĂč chacun racontait avoir aperçu ou entendu parler d’une mystĂ©rieuse prĂ©sence bestiale qui terrorisait les ruelles de la ville.

Les contextes changent, les histoires diffĂšrent mais un Ă©lĂ©ment semble revenir avec une rĂ©gularitĂ© troublante : ces vagues d’angoisse apparaissent souvent Ă  l’approche ou pendant des pĂ©riodes politiquement sensibles.

À chaque grand tournant dans la vie politique malgache, la peur semble reprendre sa place dans le quotidien des Malgaches. Les rues se vident plus tĂŽt, les parents rappellent leurs enfants avant la tombĂ©e de la nuit, les trajets habituels deviennent source d’inquiĂ©tude et les rĂ©seaux sociaux se remplissent d’avis de recherche, d’alertes et parfois aussi de fausses informations qui alimentent encore davantage la psychose.

Alors, comment expliquer que ce phénomÚne semble revenir à chaque grande période politique ?

S’agit-il d’une simple coĂŻncidence ? D’une hausse ponctuelle de l’insĂ©curitĂ© favorisĂ©e par un climat de tension ? Certains y voient mĂȘme une stratĂ©gie de dĂ©stabilisation ou de diversion, menĂ©e au dĂ©triment de la population. D’autres Ă©voquent des rumeurs de pratiques occultes ou de rituels sombres, des rĂ©cits qui refont rĂ©guliĂšrement surface lorsque la peur s’installe. Faut-il y voir le reflet d’une angoisse collective qui nourrit les spĂ©culations ? Ou bien ces Ă©vĂ©nements rĂ©pondent-ils Ă  des rĂ©alitĂ©s bien diffĂ©rentes que seules des enquĂȘtes sĂ©rieuses permettront d’établir ?

À ce stade, aucune de ces hypothĂšses ne peut ĂȘtre affirmĂ©e. Dans un État de droit, les rĂ©ponses ne peuvent venir ni des rumeurs ni des thĂ©ories, mais d’enquĂȘtes indĂ©pendantes, transparentes et rigoureuses. En revanche, une rĂ©alitĂ© ne fait aucun doute : le sentiment d’insĂ©curitĂ© grandit. Et, avec lui, la peur s’installe peu Ă  peu dans le quotidien de nombreux Malgaches.

Au-delĂ  des analyses politiques et des dĂ©bats d’opinion, une disparition reste avant tout une tragĂ©die humaine. Chaque victime mĂ©rite que toute la vĂ©ritĂ© soit Ă©tablie. Chaque famille mĂ©rite des rĂ©ponses et que justice soit rendue. Chaque citoyen devrait pouvoir quitter son domicile avec la certitude de pouvoir y revenir en sĂ©curitĂ©.

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