06/09/2026
🎞️ CINÉMA : 🎬 L'Arnaque (1973)
📍 Pays : 🇺🇸 États-Unis
📽️ Réalisation : George Roy Hill
🌐 Langue : Français (Doublé)
🔊 Lien pour voir le Film :
👉 https://ok.ru/video/16280414849553
📝 Critique :
Dans la poussiéreuse et désolée Joliet de la Grande Dépression, la survie se déguise souvent sous un jeu de cartes bien ou mal brassé. Johnny Ho**er, un jeune arnaqueur à la petite semaine interprété avec un mélange d'ambition insolente et de vulnérabilité par Robert Redford, commet l'erreur fatale d'escroquer, avec ses complices, l'argent d'un messager travaillant pour Doyle Lonnegan, un redoutable gangster à la main lourde et au tempérament sadique. La conséquence est immédiate et sanglante : l'assassinat de son mentor et ami Luther Coleman. Au lieu de fuir vers l'anonymat que dicte l'instinct, Ho**er décide de canaliser sa soif de vengeance vers une entreprise titanesque, cherchant refuge et sagesse auprès du vieux renard des hold-ups, Henry Gondorff, un Paul Newman mûr, cynique et plongé dans l'alcool, qui vit retiré dans un manège de foire et de nostalgies.
Le cœur du film se déploie alors comme une partie d'échecs jouée dans la boue de la moralité capitaliste, où l'escroquerie n'est pas simplement un délit économique, mais une œuvre d'art baroque, un mécanisme d'horlogerie connu sous le nom du « coup de maître ». Gondorff et Ho**er tissent une toile colossale — le wire — pour convaincre Lonnegan qu'il parie sur un réseau de paris clandestins manipulé en temps réel. George Roy Hill filme cette symphonie d'escrocs en la divisant en chapitres marqués par une typographie d'époque, émulant les magazines satiriques illustrés du temps, tandis que les personnages transitent par des trains fumants, des salons de poker clandestins et des chambres d'hôtel où la loyauté est aussi fragile que le papier-monnaie. Newman dote son Gondorff d'une élégance lasse, un homme qui a déjà vu toutes les faces de la pièce et qui comprend que la tromperie la plus parfaite est celle où la victime croit jouer ses propres cartes, mue par sa propre avarice.
Dans cet univers de filous, la frontière entre le bien et le mal se dissout dans une brume éthique où la loi n'est guère qu'un ornement plus corrompu que le parrain lui-même. Robert Shaw, sous les traits de l'implacable Lonnegan, apporte une présence de pierre et menaçante, un vilain dépourvu de rédemption dont la seule faiblesse est précisément son insatiable orgueil et son mépris pour les déshérités. À travers eux, le métrage dissèque la psyché de l'homme acculé par un système financier impitapable, où l'escroquerie s'érige comme la seule forme de justice poétique à la portée des parias. Le rythme, marqué par les accords syncopés et enjoués du ragtime de Scott Joplin adapté par Marvin Hamlisch, convertit la tension criminelle en une valse chorégraphiée avec une maîtrise absolue, où chaque regard, chaque clin d'œil et chaque seconde feinte répondent à une chorégraphie millimétrique.
La grande combine finale n'est autre qu'une métonymie de la condition humaine : une farce à l'intérieur d'une autre farce, où le spectateur lui-même est complice d'une supercherie qui subvertit les attentes et célèbre le triomphe de la ruse sur la force brute. L'Arnaque nous rappelle que, dans le grand théâtre du monde, nous sommes tous les rouages d'un tuyau perpétuel, et que la seule dignité possible réside dans l'art de savoir rire lorsque l'on nous a escamoté les cartes.
🗣️ Dialogue Ouvert et Avis en bas dans Les Commentaires 👇👇👇
La vengeance est-elle un moteur éthiquement justifiable lorsque le système légal et institutionnel s'avère incapable d'administrer la justice face au crime organisé ?
Dans quelle mesure l'avarice et l'orgueil des puissants, comme dans le cas de Doyle Lonnegan, se convertissent-ils en l'outil principal de leur propre destruction aux mains des marginalisés ?
Peut-on considérer l'art de la tromperie — l'escroquerie planifiée comme un spectacle — comme une forme légitime de subversion contre les structures de pouvoir établies lors des crises économiques ?
✍️-🇺🇾 Julio César Pisón Romero 🎭 🇨🇦 Josée Labarre
☕ 🇦🇷 Café Entre-temps 🇻🇪🖤🎗️ Deuil
Fiche Technique Détaillée :
Titre original : The Sting
Année : 1973
Pays : États-Unis
Réalisation : George Roy Hill
Genre : Comédie dramatique / Film noir / Caper movie
Scénario : David S. Ward
Distribution : Robert Redford, Paul Newman, Robert Shaw, Charles Durning, Ray Walston, Eileen Brennan, Harold Gould
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🏛️ Nous partageons nos chroniques avec les chers amis : Club des Poètes de Montmartre, Maison de la Poésie de Lyon, Amis du Cinéma et de la Littérature de France (Argentine), Association Culturelle du Quartier Latin Labarre, Atelier de Créativité San Isidro (Italie)