25/08/2026
04. JOURNÉE MONDIALE DES LACS A TOLLA
ONDINE DU LAC DE TOLLA, CONTE POUR ENFANTS
Léo est un enfant curieux qui se demande bien ce que ce joli lac cache comme trésors secrets sous l'eau !
Il faisait chaud, ce jour-là, sur les rives du lac de Tolla.
Léo trempait ses pieds dans l'eau fraîche pendant que sa grand-mère installait le pique-nique à l'ombre d'un châtaignier. Soudain, un petit clapotis attira son attention. Ce n'était pas un poisson. C'était une silhouette qui brillait sous la surface, avec des cheveux couleur d'algue et des yeux verts comme le fond du lac.
Léo : Tu es un poisson ?
Ondine : Pas tout à fait. Je suis Ondine, la gardienne du lac. Et toi, tu poses de bonnes questions. Continue, j'aime bien ça.
Léo : Le lac, il a toujours été là ?
Ondine : Non, pas du tout. Sous tes pieds, il y a soixante ans, il y avait des champs d'orge et de seigle, des chemins de terre, des châtaigneraies et même des petites maisons.
Un jour, des ingénieurs ont construit un mur immense en pierre, presque aussi haut qu'une falaise. On l'appelle un barrage.
Il sert à faire avancer l'eau de la rivière du Prunelli pour fabriquer de l'électricité, celle qui allume vos lampes le soir.
Puis l'eau est montée, doucement, tout doucement, pendant des mois, jusqu'à recouvrir toute la vallée.
Voilà pourquoi je dis que ce lac garde un secret : sous mes pieds DORT UN ANCIEN MONDE...
Léo : Il y a des poissons géants là-dedans ?
Ondine : Oh oui. Tout en bas, où le soleil ne descend jamais, vit un gentil silure inoffensif plus long que toi et ta grand-mère mis bout à bout !
Et sais-tu que mon lac est le seul de toute la Corse où habite le brochet ? Aucun autre lac de l'île n'en a.
C'est mon plus grand trésor vivant.
Léo : Pourquoi je ne vois jamais de bateaux à moteur ?
Ondine : Parce qu'ici, on avance avec ses bras, ses jambes, et un peu de vent : kayak, canoë, paddle, pédalo, tu demanderas à Frédérique de te les montrer. Pas de moteur, pour que l'eau reste calme et douce pour les nageurs, et silencieuse pour les poissons. On garde toujours son gilet de sauvetage, même les grands nageurs. C'est la règle du lac.
Léo : Ça sent bon les fleurs, ici. C'est quoi ?
Ondine : C'est le maquis, tout autour de moi : bruyère, ciste, myrte, arbousier. Plus haut, ce sont des forêts de pins larici et de chênes. Le soir, si tu es discret, tu peux voir passer un sanglier près des châtaigniers, et tout là-haut sur les crêtes, le mouflon de Corse regarde le lac de loin, comme un roi sur son balcon.
Le soleil commençait à descendre derrière les m***agnes.
Ondine se mit à briller un peu plus fort, comme si l'eau elle-même s'allumait.
Léo : Tu dois partir ?
Ondine : Bientôt, oui. Mais avant, regarde bien là-haut, sur la colline, le petit village qui te fait face. Le jour, ce n'est qu'un village comme un autre, avec ses toits et ses ruelles. Mais quand la nuit tombe vraiment, on raconte qu'il se transforme, et qu'il devient... un village d'étoiles. Ça, c'est une autre histoire. Je vous la raconterai la prochaine fois, à toi et ta soeur.
Ondine glissa sous l'eau dans un dernier reflet doré, et le lac redevint calme, comme s'il n'avait jamais rien caché.
Léo resta un long moment à regarder la surface, en se demandant ce qu'un village d'étoiles pouvait bien être.
A demain avec Léo et Anghjulina...