13/10/2026
Rencontre autour du photographe Charles David Winter, avec les Musées de Strasbourg
à La Trezorerie
Le 26 novembre 2026, la Librairie Quai des Brumes Strasbourg et les éditions des Musées de la Ville de Strasbourg (officiel) organise une soirée avec les auteurs du livre.
Rencontre sur inscription dans la limite des places disponibles via ce lien.
https://my.weezevent.com/soiree-recontre-dedicades-charles-david-winter-decors-et-decombres
Charles David Winter naît en 1821, à l’aube de l’histoire de la photographie. Il y consacrera la plus grande partie de sa vie. En retour, elle lui assurera une remarquable ascension sociale : orphelin pauvre de parents morts de la tuberculose, il meurt en 1904 en entrepreneur prospère et notable respecté. L’œuvre de Winter raconte plusieurs histoires : celle des pionniers de la pratique photographique, celle de sa ville, Strasbourg, centre névralgique des conflits européens, mais aussi celle de la bourgeoisie de la fin du xixe siècle et de la constitution de ses codes visuels.
Si son œuvre peut à première vue sembler éclectique, c’est qu’elle se développe en même temps que l’invention progressive des techniques photographiques et des différents usages qu'elles permettent. Les rares portraits en daguerréotype cèdent ainsi la place à une importante pratique de portraits au collodion destinés à servir de cartes de visite à la bourgeoisie locale (plus de 4 500 clichés), les vues urbaines en négatifs papiers sont suivis de grands tirages sur papier albuminé des destructions causées par la guerre de 1870 ou des commandes pour la Société pour la conservation des monuments historiques.
Au-delà de cet éclectisme, pour nos regards contemporains, l’œuvre de Winter semble se cristalliser autour de deux pôles : d’une part la chronique silencieuse d’une ville malmenée par les conflits nationalistes, d’autre part le bottin mondain d’une bourgeoisie en prise avec la représentation de soi. De la même façon, elle est emblématique de la constitution tâtonnante d’une pratique déterminée par les possibilités techniques et commerciales (documentation architecturale, reproductions d’oeuvres, reportage, portraits) et à ce titre générique du « métier » de photographe, mais se signale aussi par une forte singularité : l’émotion affleure d’images presque austères. La rigueur de la composition, l’originalité des cadrages, la récurrence des thèmes lui valent ainsi d’être considérée à part entière comme l’œuvre d’un artiste, que ce livre espère mieux faire connaître.