26/05/2026
Je ne cuisine plus comme on m'a appris à le faire dans les palaces.
Quand je suis arrivé au Meurice, puis au Georges V et au Bristol, j'ai appris une exigence du produit, du geste, du dressage. C'est cette exigence que je garde, et que je transmets aux chefs de partie ici, à Saint-Denis. Mais la cuisine qu'on fait chez Lapierre n'est pas une cuisine de palace. C'est une cuisine de traiteur.
Ce n'est pas la même contrainte. Un plat de palace se mange à 3 mètres du piano, au moment où le chef décide. Un plat Lapierre part à 11h00 d'ici, arrive chez vous à midi, tient dans une chambre froide ou sur un buffet jusqu'à 13h30, et doit être aussi juste à 14h qu'il l'était à 11h15.
C'est une autre exigence. Celle de la tenue dans le temps, du transport, de la réchauffe possible. On ne cuisine pas un pavé de bar comme à table, on le cuisine pour qu'il soit bon quand il arrive chez vous.
Ce que j'ai gardé des palaces, c'est l'exigence sur le produit et la précision du geste. Ce que j'ai appris ici, c'est que la cuisine de traiteur est un métier à part entière, pas une sous-cuisine de restaurant.
C'est même l'un des plus exigeants que je connaisse.
Fabien