14/01/2026
Cela fait déjà presque 1 an que la ferme florale a poussé ici, et il serait peut-être temps que j’en dise un peu plus sur le lieu dans lequel ce projet a pris racines.
Mon chemin a croisé celui de l'Eco-Domaine La Fontaine il y a 3 ans, alors que l’on entamait tout juste un tour de France agricole à vélo avec mon conjoint Ben. 3 jours d’immersion en wwoofing aux jardins nous avaient suffi pour tomber en amour de ce bout de terre face à la mer, de cette atmosphère particulière qui y règne, et de cette joyeuse équipe qui cultive la vie dans ces jardins.
2 ans plus t**d, plusieurs km de vélo dans les pattes, un an de formation agricole et de multiples montagnes russes plus t**d, me revoilà en train de leur proposer d’apporter une brique de plus à ce lieu : et si on y produisait des fleurs ? Moi qui en sortant de BPREA pensait viser la case salariat pour un peu de sécurité, au moins un temps; et bien finalement, la sécurité, ce ne serait pas pour maintenant 🥲. On m’a finalement proposé de me jeter à l’eau, de me mettre à disposition terrain et outils pour me lancer, et j’ai dis oui ! 💫
Depuis, on s’essaie à une forme nouvelle de collaboration : concrètement, et juridiquement nous sommes liés par un « commodat » ou « prêt à usage ». Le domaine me met à disposition des parcelles sur le site, gratuitement, et me donne accès à leurs outils. Cela me donne le cadre adéquat pour : démarrer et tester mon activité, avec un faible niveau d’investissement et d’endettement, et par conséquent un risque à court terme limité. À côté de cela, j’ai la possibilité d’évoluer aux côtés d’une équipe, de partager un quotidien, des repas, des goûters, des chantiers, des astreintes arrosages, ouverture et fermeture de serre. On sous-estime souvent l’importance de l’entourage, du voisinage dans une installation agricole; dans mon cas, cette proximité vaut son pesant d’or.
Par ailleurs, « La Fontaine aux Bretons » comme disent les anciens, c’est aussi un lieu qui a de l’histoire sur le territoire, qui est bien connu des anciens, et moins anciens, et qui me permet de connecter rapidement avec les locaux ici, de m’ancrer dans un lieu dynamique, en évolution constante, et de me rendre visible plus facilement.
Finalement j’expérimente ici une manière - parmi d’autres - de faire collectif. Je crois de plus en plus à une agriculture qui mutualise plus qu’elle ne capitalise sur les moyens de production, qui met en lien, qui cultive l’entraide, et qui se vit à plusieurs.
Attention, ce modèle n’est pas parfait - il me confronte aussi à plusieurs difficultés :
- Celle de vivre avec la charge mentale (et le stress) qu’implique l’indépendance quand tout le monde autour de soi est salarié et n’a pas les mêmes enjeux
- S’adapter à l’écosystème d’un lieu existant et à ses contraintes
- La question centrale de la sécurité foncière, et de comment sécuriser une installation agricole qui nécessite engagement sur le temps long, sur un lieu dont on n’est pas propriétaire
C’est en construction constante mais on essaie. Je ne sais pas de quoi les 10 prochaines années seront faites, et j’essaie tant bien que mal à la fois de me sécuriser sans tomber dans le piège de tout vouloir contrôler.
Ce qui est clair, c’est que rien de tout ce que je réalise ici n’aurait pu se faire sans cette collaboration, sans ces mains tendues et sans l’entraide qui règne ici, alimentée par les équipes ici. Mathieu, Arnaud, Jolann, Simon, Ben, Lena, Tim, Alex, Benjamin pour ne citer qu’eux. Alors merci 🫶🏻
Encore une nouvelle saison qui se prépare, je rassemble petit à petit toute mon énergie, et je commence même à avoir hâte de m’y plonger à bras le corps ! À très vite à la Fontaine, ou sur les marchés 💛