10/10/2026
Nos événements pendant la saison estivale sont, en majorité, organisés dans la salle Anne Follézou ( faisant partie de l'ancienne usine sardinière) au port de Brigneau, mais qui était Anne ?
Interview de Dominique Gontier
🔵 Peux-tu nous raconter
ta rencontre avec Brigneau ?
L’usine a été acquise en 1979 par
Claude et Marguerite Follezou, les
parents d’Anne.
Anne, sa mère et déjà Camille (fils de Anne et Dominique qui avait 5 mois à l'époque), se baladaient sur le GR 34 lorsqu’elles sont tombées devant cette grande porte verte avec l'’écriteau à vendre.
Le bâtiment était désaffecté depuis longtemps mais correspondait à ce que Claude et Marguerite, mes beaux-parents recherchaient. Un lieu proche de la mer et des marins avec un grand terrain. Quelques pécheurs (Robert Haslé, patron du Telstar) et amis entreposaient déjà du matériel dans l’entrepôt qui donnait sur le port. Le lieu n’avait rien à voir avec la salle actuelle.
Par la suite, avec Anne, nous avons voulu partager l’utilisation des hangars avec des amis. C’est ainsi qu’est né l’association les Amis de la Sardine Rient avec nos amis de toujours, Pierre Grossmann et Blandine Devouge.
Nous avions souvent animé des projets collectifs ensembles et l’usine nous semblait le lieu idéal pour continuer à imaginer des usages collectifs. L’asso s’est d’abord donnée comme objectif la gestion des locaux puis la rénovation de bateaux, en particulier le Telstar.
La création de la salle Anne Follezou s’inscrit dans ce projet.
🔵 Pourquoi la salle Anne Follezou ?
Anne était une militante de la culture pour toutes et tous. Elle a été longtemps dans l’équipe de direction du Festival de musique classique de Saint Denis. Son militantisme communiste
s’est exprimé avant tout dans son cadre professionnel. Elle sera faite chevalier des arts et des lettres pour souligner son engagement. Elle a ensuite travaillé dans le Val de Marne, puis a pris la direction de Musique et danse en Finistère qui accompagne le développement culturel des territoires dans les secteurs musicaux et chorégraphiques.
C’est là qu’elle s’est installée à Brigneau en 1999. On peut dire que la salle Anne Follezou est la concrétisation d’une vie de militantisme.
Anne et moi avions l’envie et la conviction qu’il fallait ouvrir et partager ce lieu. Cette mise en commun est fondamentale dans notre façon de concevoir la politique.
Ce projet n’était pas encore clairement défini lorsque Anne est tombée gravement malade. Après son décès en 2008, j’ai décidé de consacrer nos ressources dans la sécurisation des lieux et la création de la salle Anne Follezou. J’ai ensuite animé, le plus souvent seul, le lieu de 2010 à 2018 : concerts, conférences, musiques
soit une trentaine d’événements. La rencontre avec Lucille et Mathilde, nos Penn sardines, a été un tournant. Le port n’avait plus qu’un pêcheur à l’époque, Grégoire. J’ai essayé d’accueillir les Penn Sardines du mieux possible en leur proposant notre
soutien logistique avec l’envie de réanimer le port.
🔵 Comment vois-tu cette évolution depuis et quel avenir imagines-tu ?
Suite à l’installation des Penn Sardines, la salle Anne Follezou est devenue un lieu central de la vie du port. La salle n’est pas un monument figé à sa mémoire, elle continue de produire
du vivant : ateliers, expositions, concerts. Différentes associations utilisent les lieux : Les amis de la sardine rient, Digue en fête, Marionnettes en Mer et enfin la Vache qui siffle. C’est une manière de faire vivre son engagement plutôt que de le commémorer.
Avec notre famille, nous avons voulu transformer un lieu collectif de travail en lieu collectif de culture. Je crois que
nous sommes en train d’y arriver. Le fonctionnement collégial de la Vache qui siffle, les nombreux ateliers proposés par les artistes, la qualité des expositions et les projets sans cesse renouvelés portent une dynamique qui
me réjouit. La Vache n’est pas
une asso lisse, consensuelle, elle
porte la question du collectif et de
l’accès à la culture.
La relève est là. J’ai planté quelques graines et ce printemps associatif m’enchante.