28/05/2026
On m'a dit d'aller à la CCI.
J'y suis allé.
Ça n'a pas suffi.
La semaine dernière, je vous parlais de mon premier client, d'un devis mal construit et d'une perte financière dès le début de mon activité.
Aujourd'hui, revenons à la création d'Hikissin Traiteur. Au moment où je cherchais du conseil et de l'accompagnement.
On m'avait indiqué la CCI comme étant la réponse évidente à mes questions. C'est aussi ce qu'on dit encore aujourd'hui à tous les créateurs.
Allez à la CCI. Ils sont là pour ça. J'y suis allé.
D'abord en accueil libre. Puis plusieurs rendez-vous se sont suivis. Ensuite une formation collective ; plusieurs créateurs autour de la même table, avec des moments de suivi personnalisé.
Les échanges étaient cordiaux. Les intervenants étaient disponibles. La méthode était rodée.
Et c'est précisément là que le problème se cachait.
La méthode.
On m'a expliqué les différents statuts d'entreprise.
Les relations avec l'URSSAF. Les relations avec les impôts. Les obligations administratives d'un créateur. C'est utile. Mais ce n'est pas suffisant.
Ce qu'on n'a presque pas abordé : c'est la construction et la validation d'un marché. On nous a demandé de faire une étude de marché et d'en interpréter les données.
C'est un exercice utile.
Mais interpréter des données sans expérience terrain, c'est lire une carte sans savoir comment ça marche.
Personne ne nous a expliqué comment transformer ces données en décision concrète.
Faut-il lancer ? Pivoter ? Attendre ?
La méthode s'arrêtait à l'analyse.
Elle ne disait pas quoi faire ensuite.
Elle ne répondait pas aux vraies questions : est-ce que mon projet répond à une demande réelle ?Est-ce que quelqu'un est prêt à payer pour ce que je propose ? Est-ce que mon offre est lisible pour quelqu'un qui ne me connaît pas ?
Ces questions, je les ai posées.
Chaque réponse appelait d'autres questions.
Les contraintes de temps ne permettaient pas de les traiter.
J'ai continué jusqu'à la fin de l'accompagnement.
Avec le sentiment persistant que quelque chose d'essentiel n'avait pas été couvert.
Ce qui m'a manqué n'était pas dans la méthode.
C'était quelqu'un de confiance, qui aurait pris le temps de m'écouter, d'évaluer la pertinence de mes questions, et de me dire franchement si mon projet tenait la route. Pas un intervenant qui applique un programme, mais un interlocuteur qui comprend ce que je voulais construire.
J'aurais voulu des témoignages de créateurs.
Des réussites et des échecs comme ingrédients.
Des cas concrets de problèmes résolus.
Pas une méthode validée par une institution.
Une expérience transmise par quelqu'un qui l'avait vécue.
J'aurais voulu faire la rencontre d'un mentor.
Il y a tellement de choses à appréhender... lors de la création d'une entreprise.
La leçon que j'en tire aujourd'hui :
La CCI forme des créateurs à gérer une entreprise.
Elle ne forme pas à vérifier qu'une entreprise mérite d'être créée.
Ce n'est pas la même chose.
Ce qu'on ne m'a pas dit, c'est qu'il existait des façons de tester mon marché avant de formaliser complètement. Ils existent des dispositifs légers, accessibles, qui permettent de valider une demande réelle sans supporter le poids d'une structure constituée.
Je ne les connaissais pas. Personne ne m'en avait parlé.
www.hikissintraiteur.com