11/02/2026
Plus de devoirs pour les enfants.
La phrase claque comme une évidence, presque comme un soupir que beaucoup de parents retiennent depuis longtemps. Jimmy Mohamed l’a prononcée sur le plateau de “C à Vous”, et en quelques minutes, la discussion a débordé des écrans pour envahir les salons, les cuisines, et même les groupes de parents sur les réseaux sociaux.
Papa de trois enfants, qu’il a eus avec sa femme Souailla, Jimmy Mohamed ne parle pas seulement en médecin médiatique. Il parle aussi en père, avec ce mélange de fatigue, de lucidité, et de tendresse que connaissent tous ceux qui voient leurs enfants s’écrouler de lassitude en fin de journée. Ce soir-là, il ne parlait pas de santé ou de nutrition, mais d’un sujet qui touche des millions de familles. Les devoirs à la maison.
Son raisonnement est simple, presque désarmant par sa logique. Les enfants passent déjà huit à neuf heures par jour à l’école. Si, après tout ce temps, on estime que les apprentissages ne sont pas suffisants, alors la question n’est peut-être pas de rajouter encore du travail le soir. Peut-être faut-il regarder ailleurs. Peut-être faut-il s’interroger sur l’organisation des journées, la taille des classes, la qualité de l’enseignement. Il le dit avec des mots qui frappent. Quand notre journée est finie, nous ne retournons pas travailler une ou deux heures de plus. Pourquoi demander cela à des enfants.
Sur le plateau, une chroniqueuse rappelle que, sur le papier, les devoirs ne sont plus obligatoires. La théorie est rassurante. La réalité, elle, l’est beaucoup moins. Dans la vraie vie, les devoirs sont donnés, attendus, notés parfois. Et quand ils ne sont pas faits, l’enfant le ressent. Il y a des remarques, des symboles, des mots sur le cahier. Bref, une pression qui s’invite dans le foyer. La fin de journée, censée être un moment de respiration, se transforme en prolongation de la classe.
Jimmy Mohamed va plus loin. Il explique que ce temps consacré aux devoirs grignote le reste. Les jeux dehors, le sport, la musique, les moments où l’on s’ennuie un peu, où l’imaginaire respire. Il décrit ce choix absurde que beaucoup de familles font sans même s’en rendre compte. Les mathématiques ou l’activité sportive. Le cahier ou le terrain de jeu. Pour lui, ce dilemme n’a pas lieu d’être. Si l’école faisait vraiment son travail dans de bonnes conditions, les enfants pourraient rentrer chez eux pour vivre autre chose que des exercices à terminer.
Cette prise de parole n’est pas tombée dans le vide. Elle a déclenché une avalanche de réactions. Parents, enseignants, éducateurs, chacun y est allé de son expérience. Beaucoup ont reconnu leur propre quotidien dans ces mots. Ce moment de la journée où tout s’enchaîne trop vite. Le retour à la maison t**dif, les cartables qui s’ouvrent alors que l’énergie est déjà au plus bas. Les devoirs, la do**he, le repas, et la journée qui s’éteint sans qu’il reste de place pour souffler.
Certains enseignants ont nuancé. Ils rappellent que pour les élèves en difficulté, relire une leçon ou un texte avec un adulte peut aider à consolider ce qui a été vu en classe. D’autres répondent aussitôt que la réussite scolaire ne devrait pas dépendre de la disponibilité ou des compétences des parents. Tous les foyers ne se ressemblent pas. Tous les adultes ne peuvent pas accompagner les devoirs de la même manière. Et c’est là que le débat se tend. Parce que derrière les exercices du soir, se cache parfois une inégalité silencieuse.
Les témoignages affluent, et ils se ressemblent souvent. Des parents parlent d’une heure, parfois plus, passée chaque soir sur les cahiers. Des enfants qui n’ont plus de temps pour jouer, rêver, se poser. D’autres décrivent ce qu’ils appellent le tunnel du soir. On rentre t**d, on s’installe tant bien que mal devant les devoirs, puis la routine reprend. La journée se referme, et tout recommence le lendemain. Même chez les plus jeunes, la charge est ressentie comme lourde. Quelques pages à lire passent encore, mais quand s’ajoutent les exercices, les listes de mots, les leçons à revoir, la fatigue prend le dessus.
En quelques heures, la parole de Jimmy Mohamed a mis des mots sur un malaise diffus. Ce n’est pas seulement une question de devoirs. C’est une question de rythme, de place laissée à l’enfance, de ce que l’on attend vraiment de l’école et de la maison. Et au fond, une question simple, presque naïve. Faut-il vraiment que la journée d’un enfant ne s’arrête jamais.