12/08/2025
Ma réponse à Mr Le Maire ( suite à l'article paru ce jour )
https://www.ouest-france.fr/bretagne/fougeres-35300/apres-les-critiques-sur-le-manque-de-frequentation-de-la-ville-haute-le-maire-de-fougeres-repond-eecc73b4-76a4-11f0-aae0-d9f2c5541ad0
Le contexte
J’ai alerté le maire à plusieurs reprises sur les difficultés rencontrés par la restauration à Fougères, lors d’entretiens informels, par mail, par SMS. C’est d’ailleurs via ce canal, que je lui ai transmis une photo montrant la désertification de la rue Nationale le 31 juillet au soir, alors que dans le même temps, le secteur du Château était bondé, grâce notamment aux animations des Jeudis du Château.
Une situation qui n’est pas nouvelle et ne se concentre pas sur la saison estivale ou le décalage entre le secteur château et la haute ville.
L’UMIH 35 a envoyé par exemple, dès le 29 janvier, un courrier pour alerter Mr Feuvrier sur « l’arrivée successive d’enseignes nationales et la création de commerces indépendants de type restauration rapide. » Un nouvelle offre qui « déséquilibre le marché local et menace l'équilibre économique des établissements existants. L’Umih propose notamment que les maires disposent d’un pouvoir renforcé pour encadrer les ouvertures d’établissements dans des secteurs déjà saturés. »
Un courrier qui est resté sans réponse.
En revanche, Mr le maire s’empresse de répondre par voie de presse aux inquiétudes légitimes rencontrés par les commerçants de la rue Nationale, en me prenant à partie, alors que je suis loin d’être le seul à rencontrer ce type de difficultés.
Sur l’animation et la fréquentation touristique
Mr le Maire estime que visiblement « nous ne vivons pas dans la même ville ». Justement si, et j’ai pu constater, comme nombre de collègues, voisins ou clients, la forte concentration touristique au pied du Château, ce qui est une très bonne chose et on peut s’en féliciter. Sauf que dans le même temps, le flux en haute ville se tari. Il y a en effet un décalage entre les excellents chiffres de visites du Château et le passage en haute ville, plus particulièrement sur le secteur rue Nationale/ST Léonard/Jardin Public.
Mr le maire énumère ce qui s’apparente selon lui à des animations à savoir : les visites guidées , l’exposition Place aux Arts, l’ouverture du Clocher de St Léonard. Que d’animations en effet (sic) ! Le clocher de St Léonard est en effet un formidable outil touristique trop peu fréquenté. C’est un site exceptionnel avec une vision à 360 sur le pays de Fougères malheureusement trop méconnu et ouvert uniquement l’après midi. La preuve ? Je n’ai jamais constaté de queue pour y accéder alors que le flux est limité à 19 personnes.
Quant aux concerts que nous pourrions proposer, à l’instar de ceux programmés par les cafetiers Place d’Armes, comme je l’expliquais dans la presse, louer une sono et/ou faire venir un groupe ou DJ a un coût et implique un effort en matière de trésorerie, dans un contexte loin d’être favorable. Et je n’ai pas de bar en face de moi pour s’associer et répartir les coûts… ah moins que l’Hôtel de Ville veuille s’associer pour financer ce type d’animations !
Sur le plan de soutien aux commerces et la terrasse
Mr le maire m’accuse d’omettre « le plan de soutien aux commerces et à l’artisanat »; Premièrement ce n’était pas le sujet, deuxièmement j’ai en effet bénéficié de subventions comme tout commerçant, situé en Site patrimonial remarquable et qui engage des travaux de façade, de menuiseries, d’enseignes. Pourquoi ? Parce que nous sommes soumis aux directives de la DRAC et des architectes des Bâtiments de France. Donc, nous nous devons de respecter un cahier des charges, une charge d’élégance et un surcoût lié à ces travaux.
Quant à la terrasse du Breizh Bowl, celle-ci a en effet été aménagé et financé par la Ville. Je n’ai choisi ni sa taille, ni sa disposition, ni ses aménagements. Encore une fois tout cela a été fait en concertation avec la Ville et sous la direction de l’architecte des Bâtiments de France. Et si j’ai pu bénéficier de cette terrasse, c’est que j’ai repris un commerce vacant depuis 7 ans, dans lequel j’ai engagé de très importants travaux. Plus de 200 000 euros. Un choix conscient, mais coûteux pour dynamiser ce secteur de la Haute Ville. Par ailleurs, nous sommes facturés d’un droit de terrasse de plus de 1600€/an. Un coût, certes mesuré, comparé à d’autres villes, mais qui devient lourd lorsque la terrasse ne peut-être utilisé même pas la moitié de la saison, comme lors de l’été 2024.
La distorsion de concurrence des Guinguettes
Comme cela a été mentionné par l’UMIH 35 à plusieurs reprises cette saison, la multiplication des guinguettes éphémères alerte sur la nécessité de garantir un cadre réglementaire équitable pour tous les professionnels en période estivale.
Un courrier a été adressé par l’UMIH aux mairies concernées pour rappeler le cadre légal et les
conséquences économiques, notamment sur la question des licences.
Mr le Maire omet de préciser le cadre réglementaire pour l’obtention d’une licence. Si la vente d'alcool a lieu en dehors des repas, il doit être titulaire d'une licence III ou IV.
En tant que licence restaurant, je ne peux servir de l’alcool en dehors des repas au sens de l’article L. 3331-1 du Code de Santé publique. Pour obtenir ce droit et par exemple servir de la bière ou un verre de vin, il faut pouvoir obtenir une licence 3. Or Fougères a dépassé son quotas par habitant, il est donc impossible d’en obtenir sauf achat ou mutation. Concernant la licence IV qui permettrait en plus de servir des alcools forts, cette dernière est également soumise à condition de mutation et les prix moyens se négocient autour de 10 000€.
Les guinguettes éphémères, elles, bénéficient d’une autorisation temporaire.
J’ai par ailleurs demandé à la mairie de Fougères le droit d’obtenir une licence provisoire durant la saison estivale. Voici la réponse de la Ville en juillet 2022 :
L’autorisation que vous sollicitez ne saurait être « provisoire », ne rentrant pas dans le cadre des « débits temporaires » définis et régis par les articles L. 3334-1 et L. 3334-2 du Code de la Santé Publique (débits ouverts dans l'enceinte des expositions ou des foires organisées par l'Etat, les Collectivités publiques ou les associations reconnues comme établissements d'utilité publique pendant la durée des manifestations, ou à l'occasion d'une foire, d'une vente ou d'une fête publique, buvettes ouvertes par les associations pour la durée des manifestations publiques qu'elles organisent).
Par ailleurs, lors de l’arrivée de la Guinguette A La Bonheur dans le Jardin Public à l’été 2022, nous avions demandé à la Ville avec l’association des commerçants de l’époque que les prix pratiqués soient a minima plus cher que ce que nous proposions dans nos établissements à proximité. Aujourd’hui c’est loin d’être le cas.
Alors, maintenant que vous avez plus d’éléments de compréhension, c’est à vous de juger.
Antoine Victot