31/05/2026
Cette année, Marseille a mis la barre extrêmement haut pour la Manifestive. Comparé à l'année dernière, où la mobilisation était déjà belle, cette édition a dépassé toutes les attentes. Une dizaine, voire une quinzaine de sound systems étaient présents, accompagnés de DJ et d'artistes live particulièrement talentueux.
La mixité générationnelle était un peu moins marquée, avec une majorité de jeunes participants, mais cela n'a en rien affecté l'esprit de l'événement. Bien au contraire. Nous avons assisté à de magnifiques élans de solidarité, d'entraide et de bienveillance. Aucun débordement notable, aucune provocation inutile : simplement des sourires, du respect et une énergie collective positive.
J'ai également eu la joie de retrouver des amis de longue date, des compagnons de route d'hier et d'aujourd'hui. Car il ne faut pas oublier que la culture free party existe depuis plus de trente ans. Depuis trente ans, elle résiste aux tentatives répétées de restriction ou d'interdiction. Pourtant, elle porte des valeurs qui devraient parler à chacun : la liberté, l'égalité et la fraternité.
Aujourd'hui, je suis fier d'être marseillais. J'ai appris qu'à Montpellier aussi, la mobilisation s'était très bien déroulée, avec une belle affluence. Mais Marseille a démontré une force particulière, une détermination à défendre cette culture qui nous rassemble.
Car la free party n'est pas qu'une fête. C'est une culture à part entière, riche de multiples expressions. Elle peut exister librement dans un champ, comme elle peut trouver sa place dans un club, une salle ou un bar. Toutes ces formes participent à la même histoire et à la même passion pour la musique électronique.
J'ai parfois le sentiment que notre société cherche progressivement à faire disparaître certaines cultures alternatives. Pourtant, ces espaces de liberté permettent de développer l'autonomie, l'esprit critique, la créativité et la réflexion. Avec Natasha, nous avons eu la chance de connaître ce mouvement dès ses débuts. Il nous a transmis une certaine indépendance d'esprit et une manière différente de regarder le monde.
Alors merci Marseille. Merci à toutes celles et ceux qui continuent à faire vivre cette culture avec respect et conviction. Revoir tant d'amis m'a profondément ému. Certains ont aperçu mes larmes, mais elles parlaient d'elles-mêmes. Elles étaient celles de la joie, des souvenirs et de l'émotion.
Et aujourd'hui, j'ai une pensée toute particulière pour Isa.