04/09/2026
IL Y A UNE CHOSE QUI ME DÉRANGE PROFONDÉMENT DANS LES AFFAIRES DE VIOLENCES FAITES AUX FEMMES.
C’est cette facilité qu’on a à faire le procès de la victime avant même de condamner l’auteur.
Elle a été violée ?
👉 « Elle était où ? »
👉 « Elle était habillée comment ? »
👉 « Pourquoi elle a accepté de le suivre ? »
👉 « Pourquoi elle n’a pas crié ? »
👉 « Pourquoi elle n’a pas porté plainte immédiatement ? »
Elle a été battue ?
👉 « Elle devait sûrement le provoquer. »
👉 « Pourquoi elle reste avec lui ? »
👉 « Elle savait pourtant comment il était. »
Elle est morte sous les coups de son conjoint ?
👉 « Mais pourquoi elle ne l’a pas quitté ? »
👉 « Elle devait savoir que ça finirait mal. »
👉 « Elle aurait dû écouter sa famille. »
Mais à quel moment est-ce qu’on demande simplement :
POURQUOI L’A-T-IL VIOLÉE ?
POURQUOI L’A-T-IL FRAPPÉE ?
POURQUOI L’A-T-IL MENACÉE ?
POURQUOI L’A-T-IL TUÉE ?
Parce qu’il faut le dire clairement :
la responsabilité d’une violence appartient à celui qui la commet.
Une femme peut avoir fait de mauvais choix.
Elle peut avoir fait confiance à la mauvaise personne.
Elle peut être retournée vers quelqu’un qui lui faisait du mal.
Elle peut avoir eu peur.
Elle peut avoir gardé le silence.
Elle peut même avoir aimé cet homme.
RIEN DE TOUT CELA NE DONNE À QUICONQUE LE DROIT DE LA VIOLER, DE LA BATTRE OU DE LA TUER.
Et non, défendre les victimes ne signifie pas dire qu’elles sont parfaites.
Cela signifie simplement comprendre une chose élémentaire :
ON PEUT QUESTIONNER LES CIRCONSTANCES SANS TRANSFORMER LA VICTIME EN ACCUSÉE.
Parce qu’une société qui passe plus de temps à chercher ce que la femme aurait dû faire qu’à comprendre pourquoi un homme a choisi de la violenter, de la battre ou de la tuer…
a un sérieux problème.
Et le plus dangereux ?
C’est quand ces questions sont posées au nom de la « prudence », de la « morale » ou de la « réputation ».
À force de demander aux femmes comment éviter les violences,
on oublie de demander aux hommes pourquoi ils les commettent.
Éduquons. Prévenons. Protégeons. Sanctionnons.
Mais surtout…
ARRÊTONS DE METTRE LES VICTIMES SUR LE BANC DES ACCUSÉS.
Une femme n’a pas besoin de surveiller ses gestes H24 pour être sûre qu’un homme ne va pas la violer, la frapper ou la tuer.
Une victime n’a pas à être parfaite pour mériter justice.
Elle avait simplement le droit de ne pas être violée.
Elle avait le droit de ne pas être battue.
Elle avait le droit de vivre.
Et ça devrait suffire.
Mme. HARMONIE NUPTIALE