14/08/2026
Mais quel talent incroyable avons-nous parfois en Suisse : l’immobilisme !
Face à certaines évidences, nous avons cette remarquable capacité à ne surtout pas bousculer les habitudes. Pourquoi changer ce qui existe depuis toujours ? Après tout, si cela fonctionne à peu près, c’est probablement que tout va très bien.
C’est, avec beaucoup d’ironie évidemment, le sentiment que me laissent certaines réactions de politiques, mais également de quelques représentants du commerce en ville pour qui un simple débat risque « l’utopie » à la suite de mon article publié sur les réseaux sociaux sous le titre :
« ET SI NOS CENTRES-VILLES CHANGEAIENT D’HORAIRES ? »
Une idée pourtant assez simple : et si, pendant les mois d’été, nous adaptions temporairement les horaires de nos commerces aux nouvelles habitudes de vie ?
Mais comment font donc ces fameux pays du Sud que nous aimons tant visiter ?
Comment font-ils pour que, pendant nos vacances, nous puissions tranquillement flâner dans les rues à l’heure de l’apéritif, après le dîner, voire à 20h, 21h ou plus t**d encore, entrer dans une boutique, regarder une chemise, une robe, un pantalon… simplement parce que nous avons enfin le temps ?
Ah, quel bonheur, ce temps pour soi !
Il faut tout naturellement imaginer que, dans ces pays, les employés du commerce n’ont ni famille, ni enfants, ni contraintes personnelles. Les écoles et les crèches doivent probablement fermer pendant tout l’été. Quant aux enfants, ils doivent être confiés à la bienveillance des voisins… ou, dans les cas les plus extrêmes, livrés à eux-mêmes. C’est sans doute ainsi que cela fonctionne.
Évidemment, je caricature volontairement.
Mais c’est précisément pour mettre en évidence une chose : nous avons parfois tendance à considérer tout changement comme une menace, alors qu’il pourrait simplement être une adaptation.
Personne ne propose ici de révolutionner notre modèle social ou de bouleverser les conditions de travail.
L’idée est beaucoup plus modeste : expérimenter un horaire estival dans les commerces des centres-villes, de juin à fin août, soit trois mois seulement.
Et rappelons un détail assez intéressant : sur ces trois mois, environ six semaines correspondent aux vacances scolaires.
Regardons concrètement ce que pourrait donner cet horaire « révolutionnaire ».
Le matin : 10h00 – 12h00.
La majorité des enfants commencent l’école entre 7h30 et 8h30 selon les classes. Cela laisse donc, me semble-t-il, quelques heures aux parents pour organiser leur matinée : tâches ménagères, rendez-vous médicaux, démarches administratives, activités personnelles… ou simplement, soyons audacieux, prendre un café tranquillement.
L’après-midi : 16h00 – 20h00, voire 21h00.
Et là, peut-être touchons-nous au véritable sujet.
Aujourd’hui, beaucoup de parents qui rentrent déjeuner à la maison disposent d’un temps extrêmement court avant de devoir repartir travailler. On déjeune vite, on regarde l’horloge, on pense déjà au retour au travail à 13h30… et, en résumé, on court.
Pourquoi ne pas imaginer, pendant trois mois, une organisation différente ?
Une véritable coupure au milieu de la journée, permettant de profiter davantage du temps familial, personnel ou simplement de la vie.
Et surtout, contrairement à ce que certains semblent avoir imaginé, il ne s’agirait pas nécessairement de faire travailler davantage les collaborateurs.
Sur une journée actuellement organisée autour de 8 à 8h30 heures de travail, cette formule pourrait permettre une présence commerciale différente, avec environ 6 à 7 heures de travail selon l’horaire retenu, sans diminution de salaire, tout en offrant au commerce une présence précisément au moment où les clients disposent davantage de temps.
Alors oui, je sais. Changer fait peur.
Cela oblige à sortir de nos habitudes, à regarder ce qui se fait ailleurs, à accepter que les modes de vie évoluent et que les habitudes de consommation avec eux.
Mais peut-être faut-il parfois se poser une question toute simple :
Et si le véritable risque n’était pas de changer… mais de ne jamais essayer ?
Je ne prétends évidemment donner de leçon à personne. Ce ne sont que des réflexions personnelles, proposées avec bienveillance et, je l’espère, avec suffisamment d’humour pour que nous puissions en débattre sereinement.
L’objectif n’est pas d’imposer une solution, mais simplement d’ouvrir le débat et de réfléchir à la manière dont nos centres-villes pourraient évoluer avec leur époque.
Parce qu’au fond, il ne s’agit pas de travailler plus.
Il s’agit peut-être simplement de travailler autrement, au moment où la ville vit autrement.
Et puis, rassurons-nous : après trois mois d’expérimentation, nous pourrons toujours revenir à nos bonnes vieilles habitudes.
La Suisse pourra alors retrouver, avec un immense soulagement, son talent national : ne surtout rien changer. 😉
Remerciements à RTN.CH et ArcInfo pour leurs intérêt sur le sujet Voir moins