06/27/2025
C'est complètement insensé !
Que fait-on des conjoints violents une fois qu’on a pris soin de leurs victimes?
En 2023, au Québec, les centres d’hébergement pour les victimes de violence ont porté secours à 13 953 Québécois·es, en majorité des femmes et des enfants, qui fuyaient un proche violent.
Pour vous donner une idée, 14 000 personnes, c’est la population de Matane. Ou celles de Baie-Saint-Paul et de Lac-Mégantic combinées.
C’est l’équivalent d’une petite ville du Québec déplacée, retirée d’urgence de son milieu de vie, parfois de son travail, de son école, pour être protégée, dans l’écrasante majorité des cas, d’un homme violent.
Ces hommes, eux, ne quittent pas leur domicile. À l'exception des (rares) poursuites et condamnations, leur vie quotidienne reste plus ou moins inchangée. Ils peuvent continuer à travailler, et pourquoi pas rencontrer d'autres femmes et avoir d'autres enfants.
Au cours des cinq dernières années, SOS violence conjugale a enregistré une augmentation de 109 % des demandes d'hébergement. Le taux de refus a également explosé, faute de ressources.
Ces chiffres ne comptent que celles qui ont appelé à l'aide, celles qui sont encore en vie. Ils excluent celles qui n'ont pas encore demandé de l'aide, celles qui ont fui par leurs propres moyens ou avec l'aide de proches, et celles qui ont été tuées.
Selon l’Institut de la statistique du Québec, en 2023, c’est plutôt 27 082 personnes qui ont été victimes d’infractions contre la personne en contexte conjugal.
L’INSPQ estime qu’environ 77 % des auteurs présumés sont des hommes.
On fait quoi avec ces informations? Qu’est-ce qu’on fait quand on sait qu'au Québec, la sécurité d'une population équivalente à une ville entière est compromise par tout autant d'individus? À quel moment on reconnaît qu’on a un problème de violence masculine et qu'il s'agit d'une question de sécurité publique?