02/06/2026
Il y a des histoires qui commencent avec beaucoup d'argent, des investisseurs ou un business plan bien ficelé.
La mienne a commencé avec un pari.
Un pari un peu fou.
Celui d'aller frapper aux portes de Remicourt pour proposer des repas faits maison.
Je n'avais pas d'équipe, pas de grand local, pas de certitudes.
Juste l'envie de travailler et de construire quelque chose qui ait du sens.
Alors j'ai toqué aux portes.
Des centaines de portes.
Et derrière certaines d'entre elles, j'ai découvert une réalité que je n'avais jamais vraiment vue auparavant.
J'ai rencontré des personnes âgées qui avaient travaillé toute leur vie.
Des hommes et des femmes qui avaient élevé des enfants, construit des maisons, créé des entreprises, travaillé dans les champs, les usines ou les commerces.
Des personnes qui avaient tant donné aux autres.
Et pourtant...
Aujourd'hui, certaines d'entre elles se retrouvent seules.
Le corps fatigue.
Les douleurs s'installent.
Faire les courses devient compliqué.
Préparer un repas devient un défi.
Et parfois, le silence d'une maison est plus lourd à porter que la maladie elle-même.
J'ai compris ce jour-là que mon métier n'était pas de vendre des plats.
Mon métier était de prendre soin des gens à ma manière.
Parce qu'un repas, ce n'est pas seulement de la nourriture.
C'est une preuve que quelqu'un pense à vous.
Que quelqu'un se soucie de votre bien-être.
Que vous comptez encore pour quelqu'un.
C'est ce qui m'a donné la force de continuer.
Puis les années ont passé.
Les écoles sont arrivées.
L'entreprise a grandi.
Très vite.
Peut-être trop vite.
J'ai connu des réussites.
J'ai connu des échecs.
J'ai perdu des clients.
J'ai commis des erreurs.
J'ai traversé des périodes où beaucoup auraient probablement abandonné.
Mais chaque fois que je pensais arrêter, je repensais à toutes ces personnes rencontrées sur mon chemin.
À ces mamys qui attendaient ma visite.
À ces papys qui avaient parfois plus besoin de cinq minutes de discussion que du repas lui-même.
À tous ceux qui me disaient :
"Continue, ce que tu fais est important."
Alors j'ai continué.
Aujourd'hui, nous sommes dans une période de renouveau.
Nous revenons à l'essentiel.
La qualité.
L'humain.
La proximité.
Et surtout notre mission.
Aider le plus grand nombre de personnes possible à bien manger et à conserver leur autonomie.
Mon rêve est immense.
Construire un jour une cuisine capable de produire une partie de ses propres légumes et servir plus de 100 000 repas par an.
Pas pour battre des records.
Pas pour avoir la plus grande entreprise.
Mais parce que j'imagine toutes les personnes que nous pourrions aider.
Toutes les personnes âgées qui pourraient rester plus longtemps chez elles.
Toutes les familles qui seraient rassurées.
Tous les sourires que nous pourrions créer.
Je sais aussi que certains d'entre vous suivent cette aventure depuis le début.
Parfois, vous commandez un repas.
Parfois, vous partagez une publication.
Parfois, vous parlez simplement de nous autour de vous.
Et je sais que certains me soutiennent avant même de soutenir l'entreprise.
Parce qu'ils ont vu un jeune du village partir de presque rien et essayer de construire quelque chose de beau malgré les obstacles.
À toutes ces personnes, je veux simplement dire merci.
Parce qu'au fond, Les Délices de Jona ne sont pas seulement mon histoire.
C'est l'histoire d'une communauté qui refuse d'oublier ses aînés.
❤️