13/10/2026
𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗖𝗦𝗔 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝗹𝗹𝗲
Depuis sa prise de pouvoir, le gouvernement Arizona a intensifié et accéléré des politiques néolibérales et racistes. Contre celles-ci, le mouvement social (syndicats, société civile, collectifs autonomes...) lutte de bien des manières.
Le Centre Social Autogéré (CSA), ouvert à Liège le 4 avril dernier, crée un lieu concret de résistance à ce gouvernement qui attaque de front nos droits fondamentaux. Ce collectif participe à construire ce que nos partis politiques détruisent depuis des décennies : les liens de solidarité et les pratiques de soin.
Aujourd’hui, le CSA de Liège est menacé d’expulsion. Le CSA doit être défendu, car il permet l’organisation et la défense de nos droits fondamentaux.
𝑰) 𝑪𝒐𝒏𝒕𝒓𝒆 𝒍’𝑨𝒓𝒊𝒛𝒐𝒏𝒂 𝒆𝒕 𝒔𝒐𝒏 𝒎𝒐𝒏𝒅𝒆
Le caractère toxique et brutal du gouvernement Arizona a déjà été analysé en long et en large : politique raciste et déshumanisation des personnes en situation de migration, destruction de la sécurité sociale, stigmatisation des pauvres et des malades, répression
des mouvements sociaux, militarisation de la société, investissements massifs dans le secteur de l’armement, une culture de plus en plus inaccessible, des subsides supprimés, un coût des études qui augmente, etc. Pour de nombreuses personnes, ces réformes signifient davantage d'insécurité, de difficultés à se loger, à se nourrir, à étudier ou simplement à vivre. Elles créent de l’isolement et de la détresse matérielle comme psychologique.
Ce gouvernement construit et réprime de plus en plus violemment des ennemis intérieurs (personnes en situation de migration, précaires, jeunes, trans, antifas, musulman.e.s, etc.) et participe aux guerres impérialistes à l’extérieur. Toutes ces mesures, présentées
comme des nécessités budgétaires ou de sécurité, protégent les bourgeois et les revenus du capital tout en précarisant le reste de la population selon une logique néolibérale et impérialiste. Les mesures mortifères (cessons de dire “austéritaire”) décidées par
l’Arizona, nous détruisent, à Liège et ailleurs ; elles nous détruisent, nous, nos communautés et nos lieux de vie.
𝑰𝑰) 𝑫𝒆 𝒍’𝑨𝒓𝒊𝒛𝒐𝒏𝒂 𝒂̀ 𝑳𝒊𝒆̀𝒈𝒆,... 𝒖𝒏 𝒔𝒆𝒖𝒍 𝒑𝒂𝒔.
Dès son ouverture le CSA a déclaré sa résistance à l’Arizona et à son monde. Son ouverture se situe aussi dans le contexte spécifique de la ville de Liège, dirigée depuis 50 ans par le PS et depuis 25 ans par un même bourgmestre qui se félicite de « rééquilibrer la diversité à Liège, en faveur des personnes plus aisées » au détriment des classes populaires. Galeries marchandes, commerces kitsch pour bourgeois, fast-food pour la jeunesse, quartier des affaires aux façades vitrées, gare dernier cri pour plusieurs centaines de millions d’euros, espaces de coliving pour jeunes cadres, prix de l’immobilier qui grimpe en flèche, gentrification et réaménagement de quartiers populaires, le tout sur fond de chasse aux sans-papiers et aux sans abris, et d’harcèlement policier à l’égard des jeunes racisé.es et des personnes marginalisées, voilà vers quoi Liège va. Une ville
qui se construit pour le profit et pas pour ses habitant·es. C’est dans ce contexte, mais aussi celui d’une ville qui sait se défendre, avec un tissu associatif et militant important et déterminé, que s’organise la réquisition populaire du CSA.
𝑰𝑰𝑰) 𝑵𝒊 𝒔𝒑𝒆́𝒄𝒖𝒍𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏, 𝒏𝒊 𝒇𝒊𝒏𝒂𝒏𝒄𝒊𝒂𝒓𝒊𝒔𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏
Le Centre Social Autogéré de Liège (CSA) a pris place dans une ancienne maison de retraite, La Résidence Quentin, fermée et inoccupée depuis environ quatre ans. Le batiment appartient à Lemon group, un promoteur immobilier, qui prévoit de le transformer en projet de co-living. L’occupation du batiment s’oppose à la spéculation sur les batiments vides et est déterminée à empêcher l’implantation du coliving en ville. Qu’est-ce que le coliving ? C’est la dernière astuce en date du capitalisme immobilier pour maximismer ses profits à partir d’un batîment en le divisant en plein de petites chambres avec des loyers parfois astronomiques (une chambre de 15m2 peut être louée plus de 1000eu par mois). Évidemment le coliving se présente sous un vernis cool (lgbtqi friendly), social (habitat “partagé” et intergénérationel) et écolo (logement durable où habiteront les jeunes cadres qui travaillent dans des boites écocidaires). C’est aussi la pointe avancée
de la financiarisation du logement et de la dérégulation des normes urbanistiques. Le mode de la location se calque sur le mode de la réservation airbnb pour faciliter l’installation et le départ des jeunes cadres. Bref c’est un type d’habitat qui dépersonnalise la ville, encourage l’installation de jeunes cadres déconnectés des réalités matérielles de leur existence et détachés d’une attache affective à la ville. Ce type de projet immobilier augmente la pression foncière et participe à l’augmentation des loyers dans les quartiers où il s’implante.
𝑰𝑽) 𝑹𝒆́𝒑𝒐𝒏𝒅𝒓𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒆𝒕 𝒑𝒂𝒓 𝒏𝒐𝒖𝒔-𝒎𝒆̂𝒎𝒆
Le CSA a choisi une autre voie pour le centre-ville : rendre immédiatement ce batiment utile à celles et ceux qui en ont besoin. C’est une réponse conséquente et concrète à des choix politiques qui laissent des besoins essentiels sans réponse. Le lieu est géré
collectivement et horizontalement, il est mis à disposition de collectifs non subsidiés. Des personnes s’y réunissent et organisent de multiples activités renforçant les liens de solidarité :
- une permanence d'entraide sociale ; une permanence psy ; des séances de kiné
• une cantine solidaire et des repas à prix libre ; une donnerie de vêtements ;
• une salle d’étude ; une bibliothèque ; un espace sport,
• des ateliers d’écriture, de musique, de couture, de danse, un ciné-club, des présentations de livres et des conférences
• une garderie collective.
L’espace permet également d’accueillir de grandes assemblées et offre des lieux de stockage. Le CSA organise la solidarité populaire, crée des rapports entre les gens qui se veulent non marchands et égalitaires, ainsi que d’autres manières de nous rapporter à la
subsistance, à nos capacités de nous nourrir, nous vêtir, nous loger, etc... Le CSA est investi par des personnes de tous âges et horizons, désireuses de ramener la solidarité et la vie en ville là où d’autres spéculent sur le vide et ne jurent que par le profit. Remplir le vide par la solidarité
A Liège, il faut défendre le CSA. Et ailleurs, dans chaque ville, nous invitons chacun.e à multiplier urgemment les initiatives de riposte face aux machines du pouvoir (capitaliste, ,patriarcale, raciste/impérial, écocidaire). Dans chaque ville, chacun.e doit s’opposer aux
spéculateurs ; dans chaque ville la réquisition populaire doit répondre aux politiques mortifères. Ici, ceux qui veulent nous déloger attendent le bon moment (inflation des loyers, arrivée du
tram, absence de logements sociaux) pour lancer un projet de coliving. Nous nous opposons à un tel projet et à tout ce qu’il symbolise. A l’heure où des canicules nous rappellent l’urgente nécessité de repenser l’organisation de la vie en ville selon des
principes de solidarité populaire, le CSA doit avoir une place au coeur de la ville. Le CSA est un lieu de refuge, de soin et de résistance face à l’offensive néo-libérale et la répression politique qui nous méprise et nous appauvrit toujours davantage au profit des plus riches.
𝗡𝗼𝘂𝘀 𝘀𝗼𝘂𝘁𝗲𝗻𝗼𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗖𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗦𝗼𝗰𝗶𝗮𝗹 𝗔𝘂𝘁𝗼𝗴𝗲́𝗿𝗲́ 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗶𝗻𝗶𝘁𝗶𝗮𝘁𝗶𝘃𝗲𝘀 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝗮𝗯𝗿𝗶𝘁𝗲, 𝗮𝗳𝗳𝗶𝗿𝗺𝗼𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗻𝗲́𝗰𝗲𝘀𝘀𝗶𝘁𝗲́ 𝗱’𝘂𝗻 𝘁𝗲𝗹 𝗹𝗶𝗲𝘂 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝘃𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝘂𝗶 𝘁𝗲́𝗺𝗼𝗶𝗴𝗻𝗼𝗻𝘀 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝘀𝗼𝗹𝗶𝗱𝗮𝗿𝗶𝘁𝗲́.
𝗡𝗼𝘂𝘀 𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹𝗼𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗩𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗟𝗶𝗲̀𝗴𝗲 𝗮̀ 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝗽𝘂𝗶𝘀𝘀𝗲 𝗽𝗲𝗿𝗱𝘂𝗿𝗲𝗿 𝗲𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝘂𝘀𝗮𝗴𝗲𝗿.𝗲̀𝗿𝗲.𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗲 𝗹𝗶𝗲𝘂 𝗽𝘂𝗶𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲𝗿 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗯𝗮𝘁𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁.