26/03/2026
Comment devient-on officiante de cérémonie laïque ?
Certaines choses se décident sciemment.
D’autres se dessinent lentement et cheminent tranquillement avant de prendre corps.
D’abord il y a l’amour des mots; depuis toujours. Un sacré penchant même, avouons-le sans détours. Surtout ceux écrits, qui restent et s’impriment dans la rétine et surtout, le cœur.
Écrire, raconter, chercher LA phrase, la cadence juste, LE mot qui fait mouche. L’alchimie subtile qui éclaire, apaise, célèbre et dit tout haut ce que le corps ressent souvent tout bas.
Dans la langue de Shakespeare ou celle de Molière. Peu importe, pourvu que les sensations soient retranscrites avec la précision chirurgicale qui manque, à mon sens, si souvent à la parole.
Puis vient l’univers du mariage. En tant que fleuriste, on baigne dedans. Les préparatifs, l’anticipation, l’excitation, le stress, les sourires, les mains qui tremblent un peu, les regards. On observe, on écoute, on devine. On devient témoin privilégié de ces instants uniques.
Puis forcément, un jour, on se dit que ce serait quand même extraordinaire de pouvoir allier ces deux univers.
De ne pas seulement accompagner l’esthétique, mais aussi l’âme du moment.D’être celle, justement, qui met en mots ce que beaucoup ressentent sans toujours savoir le dire.
Des textes qui naissent presque tout seuls. Un bloc-notes faisant office de réceptacle aux émotions, images, élans et autres confidences capturés à la volée et qui, sans qu’on s’en rende compte, tracent déjà le chemin.
Puis un jour, c’est le déclic.
L’occasion que l’on n’attendait pas.
Mais qui se présente malgré tout, et qui confirme qu’il ne s’agit pas d’un autre hasard. Alors, on la saisit de toutes ses forces et on l’observe nous faire lentement basculer d'un “peut-être” au “allons-y!”, sans retour possible.
Juste une vocation qui attendait patiemment son heure.
L’amour de l’amour.
L’amour des histoires.
L’amour des gens qui se choisissent.
Et qui choisissent de le célébrer selon leurs propres règles.
Alors, on devient officiante.
Parce qu’au final c’était tellement évident, même si le chemin emprunté pour y arriver, lui, ne s’est pas dessiné sciemment.