24/12/2025
pour le ☺️
Les adaptations positives
Les meilleures adaptations viennent rarement de vastes programmes pensés loin du terrain. L’idée d’une « muraille verte » pour reverdir le Sahel en est le parfait exemple. Un projet financé à coût de millions en replantant des arbres à grande échelle pour freiner la désertification, qui a vu plus de 70% des arbres mourir.
Mais d’autres projets sont en train de prouver une véritable efficacité pour élargir les zones vertes du Sahel.
✔️ Au Niger par exemple des millions d’agriculteurs ont changé une pratique clé : au lieu de défricher systématiquement leurs champs, ils se sont mis à protéger et gérer les repousses naturelles d’arbres dans leurs parcelles, en particulier le splendide Faidherbia Albida. Alors que cela représente potentiellement plus de difficulté pour travailler avec moins d’accès à de grosses machines, les agriculteurs ont mené et accepté cette évolution de leur pratique, avec un succès indéniable. Là où poussent les Faidherbia Albida, les cultures se portent beaucoup mieux.
Cela représente déjà plus de 5 millions d’hectares de terres agricoles pour plus de 200 millions d’arbres régénérés pour un coût quasi nul, car basé sur la régénération naturelle existante
Une splendide adaptation humaine, progressive, diffusée de village en village, qui est en train de vraiment changer la donne.
✔️ De façon similaire, les paysans du Burkina Faso ont réadapté des techniques anciennes locales comme les cordons pierreux, les demi-lunes pour capter le ruissellement et autre dans un but simple : adapter l’agriculture à la pluie qui tombe plutôt que de vouloir irriguer des zones arides avec pléthore d’infrastructures.
Cela permet la restauration de sols dégradés, une meilleure infiltration de l’eau avec le retour de la végétation et au final des rendements sécurisés même les années sèches.
Là encore, le succès vient du savoir-faire local et de l’adaptation des paysans, avec l’utilisation de ressources locales.
💡 Ces exemples nous racontent ce que j’observe depuis des années sur le terrain : aucune adaptation liée aux enjeux environnementaux ne vient en soi de la technologie imposée. Elle vient toujours de la volonté de changement de comportements humains qui dessinent les besoins en équilibre avec leur nature.
L’adaptation climatique la plus efficace n’est pas toujours spectaculaire. Elle est souvent locale, incrémentale et nécessite toujours l’adhésion et l’implication des personnes concernées.
📣 En 2026, je publierai chaque semaine une « adaptation positive ». Et je commence dès aujourd’hui… Parce que c’est Noël. Bonnes fêtes à toutes et tous.
Image : cultures sous les branches d'un arbre Faidherbia Albida, source (Cirad/AFP - Caroline DANGLEANT)