07/01/2026
1991 : QUAND L’XTC CHANGEA LA NUIT
Hello, content d’être de retour pour ce premier post de 2026 et meilleurs vœux à toutes et à tous.
On démarre avec la suite de ma série sur les changements majeurs des clubs.
Dans les années 80 on ne parlait pas encore de la nuit comme d’un problème. Les clubs tournaient à plein régime, tout le monde faisait la fête et personne ne se posait vraiment de questions. Et puis, début 90 il y a eu la descente au Boccaccio, et le couperet est tombé : fermeture à 5 heures.
Tout à coup, les autorités semblaient être derrière toutes les discothèques. Il fallait réguler ce qui était devenu, à leurs yeux, le gros problème : les drogues, et en particulier celle qu’on associait directement à la musique électronique, l’XTC qu’on nommait « drogue de l’amour »
À la fin des années 80, elle était plutôt réservée à une élite et circulait assez discrètement. Mais au début de la nouvelle décennie ce n’était plus marginal, plus vraiment caché. C’était là, essentiellement dans les clubs, et les dealers ont vite senti l’opportunité. Un petit cachet, vendu à l’époque autour de 600 francs belges / 100 francs français, écoulé par centaines.
Au début, personne ne savait trop quoi en penser. Puis il y a eu les premiers malaises, les histoires qui remontaient, les sujets dans les journaux télévisés. La fête a commencé à inquiéter.
C’est à ce moment-là que les discothèques se sont dit qu’il était temps de sensibiliser tout en essayant de changer leur image, mis à mal par les reportages aux journaux télévisés. Personne n’avait réellement conscience des dangers.
Les campagnes de prévention sont alors arrivées. Pas d’un coup, pas avec un grand plan annoncé. Plutôt discrètement. Des messages dans les clubs, sur les flyers, sur des affiches, parfois au bar ou dans les toilettes. Le ton était direct, sans détour : attention à la déshydratation, attention à la surchauffe, attention aux mélanges. La Belgique devint la pionnière en matière d’information pour la réduction des risques.
Les clubs se sont retrouvés à porter ce discours-là, face à une déferlante que plus personne ne parvenait vraiment à contrôler. C’était étrange. La discothèque devenait à la fois un lieu de liberté et un endroit où l’on vous rappelait que les drogues étaient interdites et dangereuses pour la santé.
En parallèle, tout s’est mis à être mesuré. Un peu plus t**d, ce sera le volume sonore. La nuit est devenue quelque chose qu’on encadre, qu’on surveille, qu’on explique. Pas pour l’interdire, mais pour la rendre acceptable, et éviter les débordements, notamment sur les parkings et surtout sur la route.
Ce n’était pas une croisade contre la fête. C’était plus diffus que ça. Mais clairement, à partir de là, la nuit n’était plus tout à fait un espace hors cadre. Elle entrait dans le réel, avec ses règles, ses risques, ses comptes à rendre.
On connaissait désormais les dangers mais les fêtes en Belgique ont toujours été plus fortes et plus f***e. Ca n’a pas vraiment arrêté quiconque.
Découvrez ce reportage d’un journal télévisé en Flandres avec un petit passage au fameux 55 à Kuurne.
La suite mercredi prochain mais on se retrouve Dimanche 🙂
(Merci à Christian pour la trad)
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1991 : WHEN EVA CHANGED THE NIGHTLIFE
Hello, happy to be back for this first post of 2026, and best wishes to everyone.
Let’s kick things off with the next chapter of my series on major changes in club culture.
Back in the 1980s, nightlife wasn’t seen as a problem. Clubs were running at full capacity, everyone was partying, and no one was really asking questions. Then, in the early ’90s, after the events at the Boccaccio, everything shifted. The decision came down hard: closing time set at 5 a.m.
Suddenly, authorities seemed to be watching every nightclub closely. What they wanted to regulate was what they now considered the real issue: drugs — and especially the one directly associated with electronic music, XTC.
At the end of the ’80s, it was mostly reserved for a small circle and circulated fairly discreetly. But at the start of the new decade, it was no longer marginal, no longer hidden. It was there — mainly in clubs — and dealers quickly saw the opportunity. A small pill, sold at the time for around 600 Belgian francs / 100 French francs, moving by the hundreds.
At first, no one really knew what to think. Then came the first incidents, the stories filtering through, the reports on the evening news. The party started to worry people.
That’s when clubs began to realise it was time to raise awareness. No one truly understood the risks yet.
Prevention campaigns followed. Not all at once, not through a big announced plan. They arrived quietly. Messages inside clubs, on flyers, on posters — sometimes at the bar or in the toilets. The tone was direct, no beating around the bush: watch out for dehydration, watch out for overheating, watch out for mixing substances. XTC could kill. Full stop.
Clubs found themselves carrying that message, facing a wave that no one really managed to control anymore. It was strange. The nightclub became both a place of freedom and a space where you were reminded that drugs were illegal and dangerous to your health.
At the same time, everything started to be measured. A bit later, it would be sound levels. Nightlife became something regulated, monitored, explained. Not to shut it down, but to make it acceptable — and to avoid excesses, especially in car parks and, above all, on the road.
It wasn’t a crusade against partying. It was more subtle than that. But clearly, from that moment on, the night was no longer a space outside the system. It entered reality, with rules, risks, and accountability.
The dangers were now known — but parties in Belgium have always been bigger, wilder. It didn’t really stop anyone.
To be continued next Wednesday :)