11/05/2026
COMUNIQUÉ DES ORGANISATEUR.ICE.S DU FRENCHTEK 33, INTERNATIONAL IMPEDANCE TEKNIVAL
Une fois de plus, la répression d'Etat s'abat sur les free party au travers de saisies massives des sounds systems et des amendes dressées systématiquement à l'encontre des participants. Malgré notre volonté claire d'instaurer un dialogue et de travailler ensemble en bonne intelligence, nos politiques s'entêtent et choisissent de n'écouter que la voix de la violence et de la repression. Frapper au lieu d'échanger, tel est le mantra des grandes puissances mondiales.
On entend encore circuler les mêmes stéréotypes à propos de nos fêtes : les free party seraient des espaces dangereux, où la drogue coulerait à flot, où les jeunes viendraient y risquer leurs vies et où les t**feurs laisseraient les terrains jonchés de déchets.
Sur place pourtant, les services de secours dépêchés saluent unanimement le bilan sanitaire exceptionnel d'un événement d'une telle ampleur. Ce même bilan rendu possible grâce au travail acharné du large panel d'associations de santé comunautaire spécialisées sur le sujet de la Réduction des Risques en milieu festif ou la sensibilisation et la prévention quant aux Violences Sexistes et Sexuelles.
De plus, une équipe était également restée sur site dans le but de le nettoyer avant d'être délogée par les gendarmes mobiles, sans même avoir pu terminer d'effacer les traces de notre passage.
Loin d'entendre les revendications portées par tout un mouvement qui s'insurge de la derive ultra sécuritaire de nos politiques, le Ministre de l'Interieur s'est vexé de voir 40 000 t**feurs s'inviter sur son fief natal. Il aura ainsi adressé la même réponse qu'à toutes les formes de contestations populaires au cours de la derniere décennie. Une réponse froide, austère, un poing fermé face à une main pourtant tendue.
Nous assistons de nouveau à un coup de force de nos gouvernants, enfermés dans leur logique du tout repressif. Nous sommes dirigés par une classe déconnectée de nos réalités qui favorise ses propres intérêts en s'accaparant le pouvoir et les richesses. En temoignent le recul de nos droits sociaux, le saccage des services de santé et d'éducation, et le désastre écologique qui nous guette au profit des industries de la guerre.
Ces stratégies ne profitent qu'à une poignée d'individus qui asservissent le monde.
La gestion du Teknival par le prefet du Cher et le Ministre de l'Intérieur n'est qu'une nouvelle preuve du cap sécuritaire opéré par notre gouvernement et déjà documenté par de nombreuses ONG et collectifs de défense des droits humains à travers le monde. Ces choix s'inscrivent durablement dans le virage autoritaire qu'a choisi d'emprunter notre pays.
Nous réaffirmons aujourd'hui notre position consistant à penser que les choix politiques de notre pays doivent profiter à l'intérêt du plus grand nombre et non à celui de quelques privilégiés.
Cela fait des années que les mesures punitives à notre encontre s'intensifient. Pourtant, l'affluence à ce Teknival fut en hausse par rapport a Villegongis en 2023, mettant ainsi en lumière la volonté de se rassembler et d'échanger ensemble plus forte que les menaces que vous nous opposez.
Une fois de plus, nous demandons l'abandon de la PPL 1133 et du projet de loi RIPOST qui, loin d'apporter des solutions à des thématiques publiques, ne font que favoriser la distance qui s'est déjà installée entre notre classe dirigeante et les acteur.ice.s de la fête libre.
Cette stigmatisation d'une grande partie de la jeunesse n'aura aucune influence positive. Elle ne fera que favoriser la clandestinité de nos événements et entraînera inéluctablement les personnes qui la font vivre dans un processus de radicalisation dans l'objectif de continuer à faire vivre ces espaces festifs auxquels nous tenons tant. Margaret Tchatcher par le passé, et Georgia Meloni plus récemment, ont déjà essayé d'éteindre notre culture avant vous. Elles n'ont fait que nous renforcer dans nos convictions.
Il est desormais temps de se comporter en dirigeants responsables plutôt qu'en seigneurs n'obéissant qu'à leur ego et se pensant au dessus du peuple.
Cela fait plus de 30 ans que la Free Party existe malgré les innombrables attaques dont elle a fait l'objet. Elle n'a jamais plié.
Une fois n'est pas coutume, elle préférera vous arracher votre couronne plutôt que de se laisser mourir sans résistance.
Si nos fêtes sont politiques c'est bien parce-que vous les y avez forcées.
Rendez-vous est pris l'année prochaine, quelque part en France, entre les deux tours d'une élection qui redéfinira les contours d'un avenir déjà marqué par la montée d'idées que l'on pensait reléguées au passé.
Les organisateur.ice.s du Teknival de Bourges 2026
Track ID : DRYMK - Loi 1133